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Les marchés se dirigent-ils vers un cul-de-sac ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les places boursières ont évolué cette semaine de manière désordonnée. D’une part, l’indice Nasdaq Composite et dans une moindre mesure, le Dax allemand, ont subi de fortes baisses en séance du mardi 4 mai après trois séances baissières auparavant. D’autre part, les indices Dow Jones et le Cac 40 avaient bien résisté mardi avant de rebondir assez fortement ce mercredi au point de revenir à leurs plus hauts annuels. Dans mes analyses précédentes développées encore ce mardi dans la Lettre la Bourse, j’évoque la notion de « divergence baissière », ce qui a encore été confirmé tout au long de cette semaine. En gros, la hausse actuelle de la Bourse de Paris et celle du Dow Jones ont tout du « trompe l’œil » car les deux premiers marchés ne montent plus. J’en profite pour revenir sur l’élément technique le plus significatif matérialisé par l’incapacité nouvelle du Nasdaq à battre de nouveaux records historiques. Autrement dit, une figure de retournement baissière de type « double top » à 14.200 points s’y est formé.
Pis, elle est suivie d’un début de repli des cours avec formation d’un large « gap » baissier entre les séances de lundi 3 et mardi 4 mai, soit entre 13.881.67 et 13.646,86 points. S’agit-il d’un « gap » de démarrage d’une longue phase baissière à l’instar de celle de mars 2020 ? A mon avis, cela ne me dit rien qui vaille, surtout que des gaps de fin de mouvement ont déjà été observés entre le 31 mars et le 4 avril. La seule explication que je trouve encore techniquement recevable est que les gros investisseurs continuent de basculer du Nasdaq vers les secteurs traditionnels, encouragés par les chiffres actuels indiquant une forte reprise économique dans l’économie réelle. Le hic, c’est que ces « gap » indiquent la formation probable de trous d’air à venir sur le Nasdaq et qu’une éventuelle forte baisse de ce dernier entrainerait tout le reste dans son sillage comme cela a été le cas tout au long de la phase haussière post-Covid. Et ce n’est pas tout, car il faut désormais compter aussi avec les bitcoins et cie qui ont absorbé des milliers de milliards de dollars et forment à présent un océan d’argent totalement opaque et invisible. Je ne vois pas comment les Banques centrales pourraient-elles encore empêcher le double éclatement de la bulle du Nasdaq et des cryptomonnaies.
Il faudrait pour cela au bas mot injecter encore dix fois plus de liquidités dans les circuits financiers tout en empêchant l’argent de fuir vers les cryptos. L’interrogation existe au plus haut niveau des centres de décisions avec des messages parfois dans le sens d’interdire complètement les cryptos et parfois dans le sens de les appréhender pour en prendre le contrôle. Sur le volet des injections, seule Christine Lagarde à la BCE évoque encore la possibilité de multiplier par dix les volumes d’achats d’actifs sur les marchés. Cela ne pourrait plus se faire car les dettes des Etats de l’Union poseraient problème bien avant. Les marchés de taux l’ont bien compris en remontant fortement à partir du 29 avril afin de tester la capacité des Banques centrales à maitriser encore les niveaux des taux longs (obligataires). En filigrane, la forte reprise économique qui se dessine bute déjà sur les capacités de production et les difficultés d’approvisionnement notamment de Chine.
En corollaire, les marchés craignent que cela n’entraine de fortes pressions inflationnistes, d’où la hausse des taux. Ceci ne va pas dans le sens de nouvelles mesures monétaires expansives. La seule chose qui pourrait encore faire progresser davantage les marchés, c’est l’effet d’inertie, en l’occurrence d’entrainement ou d’emballement d’une spéculation euphorisée par les gains antérieurs. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 se rapproche encore de la ligne de résistance oblique majeure à très long terme passant actuellement aux alentours des 6.500 points. C’est là que se situe en théorie le point final du marché haussier issu du creux de la crise de la pandémie. A la baisse, les niveaux de soutien les plus proches se trouvent vers 6.160 points puis 6.110 points.
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