Venezuela : comment le pays le plus riche d’Amérique latine est devenu l’un des plus pauvres.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 30 avril 2021 (numéro 1.087) : “Rendements : notre sélection de valeurs.”. Bonne lecture !!!

Si vous allez sur un moteur de recherche et que vous tapez « Economie Venezuela 2020 », en premier, vous avez des annonces de la part d’organisations caritatives, dont notamment le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (unhcr.org) qui vous propose de faire un don pour aider à la situation des réfugiés et migrants vénézuéliens qui sont estimés, on nous l’annonce, à 4,5 millions dans le monde. Ces chiffres sont en réalité sous-estimés.

Selon la « fiche pays » publiée par la très officielle Direction générale du Trésor au ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance (défense de rigoler, le titre de Bruno Le Maire a été changé en douce, afin d’avoir un nom plus long sur les papiers à en-tête), on nous dit très clairement que, même si le Venezuela détient les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut (302,25 milliards de barils soit un cinquième des réserves mondiales) et les quatrièmes de gaz naturel, sans oublier de vastes ressources minières (or, bauxite, fer, nickel, charbon…), un potentiel agricole important, de très vastes ressources hydrauliques exploitées ou potentielles…


Un PIB divisé par plus de cinq entre 2013 et 2020.


La situation économique est au plus bas, le PIB s’est réduit encore d’un quart en 2020 et après avoir perdu -35 % en 2019, -19,6 % en 2018, -15,7 % en 2017. On s’attend à ce que la récession se poursuive en 2021 avec une baisse du PIB de 10 % environ. En dollars, le PIB vénézuélien a baissé de 81,2 % entre 2013 et 2020. C’est un exploit, de 2013 à 2021, les 100 dollars par ordre de richesse seront devenus 13 ou 14 dollars seulement. Là où la compagnie pétrolière publique PDVSA produisait 2,4 millions de barils de pétrole par jour en 2013, on était en fin d’année 2020 à moins de 500.000 barils par jour. Comme il y a de moins en moins d’énergie dans le pays, la production non-pétrolière est fortement affectée et de manière négative. Les pièces détachées ne peuvent être importées, les maigres devises servent à subventionner des dépenses courantes, même le litre d’essence, qui était à quelques centimes il y a peu de temps encore, a vu son prix exploser. La hausse des prix a été de 130.000 % en 2018. En 2020, on est « tombé » (défense de rire) à une inflation de 6.500 %. Là où les expatriés ont envoyé pour près de 4 milliards de dollars américains au Venezuela en 2019, on estime que les envois d’argent frais ont été réduits à environ 2 milliards de dollars en 2020 et resteront à ce faible niveau en 2021. De ce fait, on n’est plus dans une Economie normale, mais dans un système de tentative de survie pour une population paupérisée.


La dollarisation n’empêche pas la paupérisation.

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