Natixis, Banque Postale : plumer les pauvres, c’est un métier, coco !

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 23 avril 2021 (numéro 1.086) : “Rendements : notre sélection de valeurs.”. Bonne lecture !!!

Les banksters chercheraient-ils à nous faire rire en plus de nous faire les poches ? De façon presque miraculeuse, dans un communiqué quasi triomphant, le groupe des Banques Populaires et Caisses d’Epargne, ce mercredi, nous a annoncé qu’il augmentait le prix d’acquisition des titres Natixis qu’il convoite (29,3 % du capital), puisque le prix de 4 euros par action qu’il proposait devait se comprendre « après paiement du dividende ». Après l’aumône, le crachat !

En 2006, l’Hebdo Bourse Plus était tout seul à dire que l’introduction en Bourse de Natixis était une escroquerie, malheureusement, une fois de plus, nous avons eu raison. Comme la mémoire des gens est très courte, il convient de rappeler que 2,8 millions de clients de l’écureuil ont été grugés, les pépés, les mémés… à chaque fois, on a racolé pour vendre des actions Natixis à 19,55 euros l’unité. Quelques années plus tard, BPCE propose de les racheter au prix « magnifique » de 4 euros l’unité, quand il n’y a pas de honte, il n’y a pas de plaisir !


4 à 5 millions de victimes, ruinées par le placement de Natixis en 2006.


Outre les 2,8 millions de petits épargnants de la Caisse d’Epargne grugés, il y en a eu plus d’un million dans la clientèle des Banque Populaire et quelques centaines de milliers de gogos qui se sont laissé attraper dans les autres établissements… Comme je le dis souvent, l’abonnement à l’Hebdo Bourse Plus devrait être obligatoire, cela prémunirait contre les escroqueries diverses, souvent bankstères ou étatiques (on se souviendra aussi de la privatisation de Thomson-CSF où la somme faramineuse de 5.390 euros est devenue, par un coup de baguette magique, un peu plus de vingt ans plus tard, à peine 3 euros, avec changement de nom pour troubler les gens, on s’appelle désormais Technicolor).

Plumer les pauvres, c’est un vrai métier, et Laurent Mignon, actuel PDG de BPCE, qui fut directeur général de Natixis entre 2009 et 2018 est bien au courant… Il a touché en rémunération fixe et variable 16,5 millions d’euros, ce qui n’est pas une petite somme, certes il a payé des impôts sur ces revenus, mais des salaires aussi extravagants sont à une année-lumière des quelques milliers d’euros perdus par des millions de petits épargnants qui, en désespoir, ont parfois bradé leurs Natixis aux alentours ou en dessous de 1 euro en pleine crise financière à la fin des années 2000. Si vous écrasez un chien, le rappel à la loi ne tardera pas, et en cas de traduction devant le Tribunal correctionnel pour un délit quelconque, la justice sera rapide, efficace et expéditive. Si vous êtes bankster, c’est beaucoup plus lent.

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