Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Objectifs atteints, que faire à présent ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

L’indice Cac 40 a réussi à déborder sa zone de résistance horizontale majeure à long terme de 6.110 points. En réalisant un plus haut de séance à 6.159,10 euros ce mardi 6 avril, il s’est rapproché très près du dernier pic connu situé à 6.168,15 points et qui remonte à un certain juin 2007. C’était donc juste avant l’éclatement de la crise des « subprimes » avec laquelle a commencé la prise en main totale des marchés par les Banques centrales afin de les remettre sur leurs précédents rails. Depuis, les crises de la dette grecque et de la pandémie se sont succédé et ces vénérables institutions ont encore fait ce qu’il fallait pour hisser les indices boursiers aux niveaux où elles souhaitaient qu’ils le soient. On notera au passage que les coûts de ces opérations augmentent exponentiellement d’une crise à l’autre et engagent les Etats sur un nombre toujours croissant de générations futures. Oui, je rabâche, mais les Banques centrales ne rabâchent-elles pas à l’infini les mêmes remèdes ? Certains analystes pensent que cela pourrait continuer indéfiniment et que par conséquent, à quoi bon vendre puisqu’elles veillent au grain ? Selon eux, les cours repartiraient toujours de l’avant et finiraient par dépasser les anciens pics quoiqu’il arrive.

Cela s’est encore reproduit puisque les indices majeurs ont battu largement leurs anciens records historiques. Le Cas du Cac 40 est spécial car si on intègre les dividendes distribués dans son calcul, il bâterait également tous ses anciens records y compris celui de 2001. Or, en Bourse, le passé présage de tout sauf de l’avenir ! Pour être objectif, il est très important de tenir compte des effets secondaires (pervers) de cette martingale bancaire qui semble gagner à tous les coups. Le premier effet direct est l’endettement exponentiel des Etats qui financent leurs Banques centrales qui pose la question de la limite invisible que les marchés obligataires sont prêts à accepter. Cette limite existe forcément, même si personne ne sait où elle se situe exactement aujourd’hui. Elle est directement liée à la confiance qu’accordent l’investisseur final au système lui-même. Le second effet est le miroir du premier car l’endettement souverain créé des actifs supplémentaires échangeables entre autres contre des actions et même depuis quelques années contre des cryptomonnaies.

En gros, cela fait de la bulle spéculative avec de l’argent qui a tendance à emprunter les voies les plus spéculatives. Il faut bien se rendre à l’évidence que la sphère financière de 2021 n’a plus rien à avoir avec celle de 2010 et encore moins celle de 2000. Après que les Gafam ont aspiré une grande partie des excès de liquidités des circuits financiers, les cryptos ont pris le relai à un rythme effréné et totalement désordonné. Ces « machins » sont tout sauf un véhicule d’investissement et je peux affirmer avec conviction qu’un gigantesque bain de sang est actuellement en préparation sur ces nouveaux produits qui n’en sont pas. Il ne restera que les cryptos qui ont un vrai rôle d’échange de biens et des services à l’instar des monnaies. L’écrasante majorité ne l’ont pas. J’ai réouvert cette parenthèse pour vous rappeler qu’il est suicidaire de jouer avec ces choses-là, surtout si vous ne connaissez pas de manière très précise comment elles fonctionnent (algorithmes, blocs, minage…).

Sachez en attendant que les règles informatiques gérant les transactions sur les cryptos sont sur le point de changer (imminent) et que cela va impacter profondément les acteurs à la base du système (les sociétés de minage) dont les revenus vont chuter brutalement. Le krach des cryptos est déjà inévitable. Aura-t-il un impact significatif sur les marchés financiers ? Je pense que oui. Pour revenir à l’analyse technique graphique, on peut considérer aujourd’hui que tous les objectifs théoriques sont atteints. Faut-il s’en inventer d’autres parce qu’on n’a pas très envie de vendre ? Ce serait perdre toute objectivité face aux marchés et cela est très dangereux. Je ne suis pas non plus entrain de vous dire que tout va s’écrouler demain matin. La meilleure stratégie à mon sens – et cela n’engage que moi – consiste à alléger de manière significative vos portefeuilles, d’éviter les opérations risquées et de rester totalement à l’écart des cryptos. Si les marchés continuent de monter malgré tout, ce qui est toujours possible car cela dépend uniquement du comportement de la masse des intervenants, vous en profiterez quand même de manière marginale et largement suffisante à mon avis.

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