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Russie : le géant européen qui est (trop) négligé.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 16 avril 2021 (numéro 1.085) : “La Banque postale : un bankster ordinaire, désormais, et fragile.”. Bonne lecture !!!
La Russie, c’est un géant à côté de chez nous que l’on a un peu oublié. Dans l’Economie mondiale, on parle toujours de la Chine, on parle bien évidemment également des Etats-Unis et du Canada, parfois, on s’intéresse à l’Union européenne et aux pays périphériques qui sont dans son giron, certains vous parleront du sud-est asiatique ou de l’Amérique du Sud… mais toujours, on oubliera la Russie !
Il s’agit pourtant du premier pays mondial par la superficie, c’est également un producteur essentiel de matières premières, d’énergies, et pas seulement… Durant la période soviétique, l’immense Russie fut en pointe dans l’industrie aérospatiale, un dérivé de son militarisme, avec des premières mondiales, qu’il s’agisse d’un satellite autour de la Terre ou de la présence humaine, en passant par les stations habitées… Tout a été inventé par les Russes, ou presque.
L’Europe s’est mise à la remorque des Etats-Unis.
La Russie, ce n’est pas seulement le deuxième gazoduc North Stream, qui est en panne d’achèvement actuellement, car beaucoup d’entreprises participant à la construction ont peur d’être impliquées dans des sanctions américaines, ce gazoduc étant destiné à éviter de payer à la Biélorussie et à l’Ukraine, voire également à la Slovaquie et à la République Tchèque, des droits de passage pour le gaz russe, qui approvisionne l’Allemagne, l’Italie et la France. Il y a trente ans, le PIB par habitant en Ukraine et en Pologne était à peu près identique. Aujourd’hui, l’écart est de 1 à 4, en faveur de la Pologne, qui a formidablement bénéficié de l’intégration dans l’Union européenne, devenant sous-traitant de l’industrie allemande, très souvent, et bénéficiant d’un régime stable.
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, soutiennent à bout de bras l’Ukraine, qui dépense une partie de plus en plus importante de son budget non pas en infrastructures et en investissements permettant son développement mais en produits militaires, en armement, dans ce conflit larvé avec la Russie voisine, qui soutient les républiques sécessionnistes du Donbass. Pour survivre, les Ukrainiens s’en vont, ils vont travailler en Pologne, souvent, mais également ailleurs. Depuis l’annexion de la Crimée, il y aura bientôt une dizaine d’années, suivie d’une ratification par un référendum local, la Russie n’aide plus l’Ukraine, puisque l’Ukraine lui est hostile. On peut dire que l’administration américaine dirigée par le président Joe Biden est au moins autant hostile à la Russie que l’administration Trump, sinon davantage.