Une maison posée sur un plan

Les perspectives d’investissement en Europe : le point de Savills France.

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✍️ Par Nicolas MIGUET

Cyril Robert, directeur des études et de la recherche de Savills France, indique que « le marché français a divergé du reste de l’Europe au cours des deux dernières années. Il a d’abord connu une croissance unique en 2019, qui l’avait hissé à plus de 42 milliards d’euros investis, puis s’est lourdement replié en 2020, dans une proportion supérieure à celle de ses principaux voisins. Les écarts de prix entre marchés se sont également réduits. Les compteurs ont ainsi été remis à zéro au terme de 2020 et les évolutions qui se dessinent désormais devraient être plus homogènes. Le défi pour 2021 sera partout un peu le même : générer une offre suffisante, en quantité et en qualité, pour permettre à la demande de se concrétiser. Les marchés qui s’en tireront le mieux en termes de volumes investis sont ceux qui auront su alimenter le robinet de l’offre ».

En résumé, un volume d’investissement d’un peu plus de 258 milliards d’euros a été enregistré en Europe en 2020, en baisse de 18 % par rapport à 2019. Si le marché français a enregistré une plus forte baisse (-33 %), c’est parce qu’il partait de plus haut (l’année 2019 ayant été un cru record en France, avec plus de 42 milliards d’investissement, ce qui n’avait pas été le cas sur d’autres marchés, comme le Royaume-Uni et l’Allemagne). Le marché français conserve son troisième rang européen, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.

La part de marché de l’Hexagone s’élève à 11 % à l’échelle de l’Europe. Paris est une des deux principales places européennes, avec Londres. Le centralisme français explique le poids très important de son marché principal, en dépit d’un moindre développement sur le reste de son territoire (une structure qui est donc inverse à celle de l’Allemagne).


Les perspectives 2021

En France, comme à l’échelle de l’Europe, l’année 2021 devrait être une année de stabilisation et de transition plus que de franche reprise. Les volumes attendus ne devraient pas marquer de croissance significative par rapport à 2020, avec une enveloppe qui devrait rester comprise entre 250 et 280 milliards d’euros. Plus que la demande, c’est l’offre qui s’avèrera déterminante pour la tenue des marchés au cours des prochains mois.

A l’échelle européenne, l’Allemagne affiche la plus faible rémunération, avec des taux de rendement Prime en bureaux de 2,70 % dans des villes comme Berlin, Munich et Francfort. La faiblesse des taux de rendement traduit le prix élevé que sont prêts à payer les investisseurs pour les meilleurs actifs dans ces villes allemandes et traduit donc leur attractivité. Paris (dans le QCA) les suit de près, avec un taux Prime en bureaux de 2,75 %. La plupart des autres villes européennes offrent une rémunération plus élevée, à l’image de Londres (taux Prime de 3,50 % dans le West-End). Toutefois l’année 2020 a été marquée par une compression des taux Prime plus élevée en dehors de l’Allemagne et de la France.

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