Casino : le choix dans les actifs.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 2 avril 2021 (numéro 1.083) : “Vallourec : le mode d’emploi de l’AG décisive ”. Bonne lecture !!!

L’actualité du groupe Casino, cette semaine, c’est le refinancement d’une partie importante de la dette, celle qui était à échéance en 2024. L’annonce effectuée lundi dernier comprend la mise en place d’un nouveau prêt à terme de maturité août 2025 d’un montant de 800 millions d’euros ainsi que le lancement potentiel d’un nouvel instrument de dette non-sécurisée de maturité avril 2027 pour 425 millions d’euros. Les fonds levés devraient servir à rembourser intégralement le prêt à terme qui arrive à maturité au début de l’année 2024 pour un total de 1,225 milliard d’euros. L’objectif, pour Casino, c’est que les échéances du groupe en 2024 soient réduites de près de moitié, les échéances de 2021, 2002 et 2023 étant modestes, du fait d’un refinancement antérieur.

Cela va permettre également une réduction du coût de la dette, qu’il n’est pas possible aujourd’hui d’estimer autrement que dans une fourchette assez large comprise entre 10 et 20 millions d’euros par an, puisque l’opération n’est pas encore totalement finalisée. Après le plan Cobalt, fin 2019, et le refinancement obligataire de 2020, cette troisième opération permet au groupe Casino de préparer son bilan à la cession de nouveaux actifs, qui serviront, outre au remboursement des échéances (près d’un demi-milliard d’euros est actuellement cantonné dans un compte séquestre à cette fin), de verser un dividende extraordinaire, si c’est possible, afin de permettre à Rallye de faire face à sa grosse première échéance de 2023.


Les banquiers se sont rassuré.


Il semble bien, selon mes sources d’origine bancaire, que le groupe Casino, lors de la publication de ses comptes au 31 décembre 2020, ait rassuré ses créanciers. La marge de résultat avant impôts et amortissements (EBITDA) en France a progressé de 155 points de base en 2020 pour atteindre 12 % au S2 (9,5 % à l’année), bien que le coût exceptionnel lié aux mesures (primes aux personnels, protection des caisses, vigiles devant les magasins, frais supplémentaires sur la logistique…) ait coûté, sur l’année 2020 140 millions d’euros dont 130 millions au S1. Cela a minoré la marge EBITDA d’environ 100 points, s’il n’y avait pas eu ces frais à caractère exceptionnel, la marge opérationnelle courante aurait largement dépassé les 10 % sur l’ensemble de l’année, même un banquier sorti de maternelle a été capable de le comprendre.

On présente souvent le groupe Casino comme étant une entreprise fragile. En 2020, malgré ces frais exceptionnels, le résultat opérationnel courant a été de 4,1 % sur la moyenne annuelle, c’est largement deux fois plus que ce qui a été constaté chez Carrefour en France, avec seulement 1,8 % du CA. La politique de désendettement est passée par la vente d’un certain nombre d’actifs immobiliers, de ce fait, le groupe doit payer des loyers… mais s’épargne les frais d’entretien et de fiscalité liés à la propriété immobilière, ce qui permet à l’EBITDA après loyers d’être à 946 millions d’euros sur l’année complète.

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