⟵ Retour
Entretien avec l’auteur du rapport parlementaire sur la contrefaçon.
EN DIRECT AVEC...
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Christophe Blanchet, député MoDem du Calvados : « Ce n’est pas une grand-mère qui fait de la contrefaçon dans sa cave, ce sont vraiment des organisations criminelles. »
Le député MoDem du Calvados, Christophe Blanchet, vient de publier un rapport sur la contrefaçon avec son collègue Pierre-Yves Bournazel. Des chaussures aux cosmétiques, en passant par les pièces détachées, les téléphones, les médicaments, les vins et spiritueux, le tabac et les jouets, la contrefaçon gagne tous les secteurs. L’enquête menée avec la Cour des comptes révèle qu’en 2019, 4 Français sur 10 ont acheté des produits contrefaits, faisant ainsi s’envoler 10 milliards d’euros pour l’État et détruisant 40 000 emplois en France, le deuxième pays le plus copié au monde.
En effet, la contrefaçon a changé de dimension avec la mondialisation des échanges, Internet et les réseaux sociaux. Les marchandises contrefaites sont majoritairement écoulées via le commerce électronique, à travers lequel les clients ne peuvent se fier qu’à une image pas toujours fiable et à une description technique plus ou moins détaillée. Fruit de deux ans d’enquêtes, d’auditions et de déplacements, ce rapport de plus de 100 pages permet de prendre la mesure de l’ampleur du phénomène. Christophe Blanchet répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On pense toujours aux faux sacs à main et aux faux parfums de luxe lorsque l'on évoque la contrefaçon, mais vous souhaitez d’abord rappeler que cela va beaucoup plus loin et que cela affecte des dizaines de milliers d’emplois dans notre pays. Quelle est votre approche ?
Christophe Blanchet : En travaillant sur ce sujet depuis deux ans, on s’est aperçu que tout le monde parlait de contrefaçon. Dans l’imaginaire collectif, c’est tout de suite les grandes marques de luxe. Mais le luxe est le troisième produit contrefait, derrière les jeux et les jouets pour enfants, et les médicaments. Tout le monde sait qu’il y a de la contrefaçon, mais tout le monde s’en moque, en pensant que ce sont des grandes marques de luxe qui ont les moyens de supporter cette concurrence.
Or, il faut changer absolument le regard sur la contrefaçon pour faire comprendre que ce n’est pas que cela. Rien que sur l’industrie du luxe, cela enlève 40 000 emplois en France et il y a toute une économie derrière, notamment avec le financement d’organisations criminelles. Ce n’est pas une grand-mère qui fait de la contrefaçon dans sa cave, ce sont vraiment des organisations criminelles, parce que les sommes sont ubuesques. Dans notre rapport, avec mon collègue Pierre-Yves Bournazel, nous avons voulu alerter les gens pour qu’ils soient plus vigilants. Quand on évoque la contrefaçon de produits par des jeunes de 12 ans dans des pays tiers, cela doit interpeller.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.