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Le coup de fouet des vendeurs à découvert
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La Bourse de Paris nous a encore réservé une grosse surprise cette semaine dont elle est seule à avoir le secret. Mais à y regarder de plus près, outre le gros fait marquant de la faiblesse du Nasdaq, il n’y a pas vraiment de surprises dans la flambée de l’indice Cac 40 depuis quelques jours. Si on n’omet pas le fait représenté par la très grosse accumulation des positions vendeuses à découvert depuis longtemps, l’attractivité de la place de Paris par la faiblesse des cours reste tout de même assez relative aux yeux des investisseurs étrangers. J’avais déjà évoqué ce paramètre il y a longtemps en avançant que le tout premier « gap » baissier 5.860 – 6006 points du week-end du 19 -24 février 2020 finirait par être « comblé » par les opérations de rachats des vendeurs à découvert ! On y est, même si le doute a pu s’installer entre-temps avec le vacillement du Nasdaq. Personne n’en parle vraiment, mais les salles des marchés ont quand même essuyé de grosses sueurs froides tout au long du week-end du 5 – 7 mars (il y a donc juste deux semaines !). Le support de son canal moyen terme situé autour de 12.350 points a fini par tenir et permit en conséquence sa reprise actuelle. Mais s’il avait cassé, on aurait eu un tout autre marché en ce moment, c’est une certitude.
Cet évènement (la bonne tenue du support) a forcé les vendeurs à découvert qui avaient anticipé la cassure à se racheter et pas seulement sur le Nasdaq ! L’amplification du rebond parisien y est forcément liée. Sans vouloir rabâcher et risquer de vous ennuyer, j’aimerais que vous resteriez très lucides dans ce marché qui s’emballe juste parce qu’il n’a pas cédé aux forces vendeuses tapies dans l’ombre. Si le Nasdaq réussit à confirmer sa solidité, tout devrait aller pour le mieux y compris une poursuite de la hausse jusqu’aux confins des 6.500 points. Je rappelle que sur le plan technique, le débordement de la ligne de résistance du canal haussier majeur passant actuellement autour de 5.880 points est désormais largement consommé. Mieux, le fameux « gap » oublié est quasiment effacé, ce qui marque techniquement l’objectif de remontée de la Bourse de Paris. De telles sortes que tout ce que viendrait par la suite, ne serait que du bonus et il ne faudrait donc pas raisonnablement trop compter dessus.
En adoptant un langage moins technique, je dirai simplement que les marchés évoluent actuellement sur les crêtes des montagnes russes et que cela ne les empêche pas de vouloir aller encore plus haut car c’est tout simplement dans la nature des investisseurs que d’être optimistes, parfois bien au-delà du raisonnable. On retiendra à la lumière des récentes évolutions divergentes des indices boursiers deux choses importantes, partiellement contradictoires : les marchés ont désormais très peur de la hausse des taux, tout particulièrement le Nasdaq, ce qui n’était pas le cas auparavant y compris avant la crise du Covid ; les vendeurs à découvert n’osent plus s’attaquer à quoi que ce soit, ni aux valeurs faibles (GameStop) ni aux marchés et valeurs trop surévalués (Nasdaq, Gfam). L’accalmie actuelle sur le front des taux a ainsi ouvert un boulevard devant la spéculation haussière et ceci a techniquement de quoi pousser les cours beaucoup plus haut encore !
Le danger reste bien entendu en arrière-plan car les Etats sont structurellement surendettés et leurs situations se sont fortement détériorées avec la crise et les plans de relance pharaoniques financés par de la dette. À tout moment, un effet boomerang peut survenir sur les marchés obligataires et bousculer encore le Nasdaq. Pour revenir au graphique du Cac 40, on peut constater que l’indice s’est appuyé sur le nuage « Ishimoku » vers fin janvier (je donnerai de larges explications dans le prochain numéro sur la manière d’utiliser et d’interpréter ce très curieux mais très précieux indicateur), avant de repartir fortement à la hausse à l’assaut de ses objectifs de long terme. Le prochain est clairement la ligne rouge des 6.110 points correspondant aux plus hauts annuels des treize dernières années.
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