
Le moment de réduite la voilure est sans doute arrivé
ANALYSE GRAPHIQUE
L’évolution des marchés boursiers au cours de la semaine écoulée a confirmé le très net regain de nervosité chez les intervenants. Le déclencheur des remous – pourtant très limités encore pour le moment – est le phénomène de remontée des taux obligataires un peu partout dans le monde. Qu’on le veuille ou non, on ne peut pas faire de la Bourse sérieusement sans observer ce que font les taux et comment les opérateurs ont tendance à réagir lorsque leurs variations deviennent fortes comme cela fut le cas durant ces deux dernières semaines. Outre la spéculation de court terme qui s’active sur les contrats à terme de taux et les parités monétaires dont certaines sont toujours plus affectées que d’autres en raison du degré de fragilité des Etats vis-à-vis de leurs endettements. Il est justement là le cœur des problèmes sur le long terme et tous les Pays ne sont pas égaux face aux marchés qui peuvent du jour au lendemain devenir extrêmement regardants sur la chose.
Cela arrive toujours quand l’argent vient à manquer comme jadis la nourriture à bord d’un navire au cours d’un long périple. Pour rester le plus simple possible, disons que les Banques Centrales et les plans de relance gouvernementaux ont tellement arrosé la machine financière et économique que l’argent continue de circuler à flots et permet entre autres de refinancer sans problèmes tous les Etats du Monde ou presque. Le seul frein serait le niveau de l’inflation d’après les observateurs avisés. Or, nous y voilà donc au contact du mur de l’inflation tel qu’il a été fixé par les politiques monétaires des institutions monétaires et qui montre à présent des signaux de résurgence nettement plus marqués qu’au cours des vingt dernières années. Il est important de regarder de temps en temps par le prisme de l’épargnant car l’investisseur final est bien sûr l’épargnant et non pas le spéculateur-bankster ou les gérants des grands fonds de pension. C’est le parallèle avec le primo-accédant dans l’immobilier, qui à la fin de la chaine des transactions « fait » le prix sur le long terme. Aujourd’hui, pour l’épargnant traditionnel prudent, il n’est plus possible de protéger son capital sur la durée et je ne parle même pas de faire des gains. Un investisseur obligataire sur des OAT par exemple doit composer avec des intérêts négatifs, des frais bancaires voraces et désormais aussi une érosion monétaire qui menace de s’amplifier.
Or, dans le même temps, les besoins de refinancement de l’Etat Français par exemple ont encore augmenté de manière considérable. En réalité, le seul truc qui a sauvé les finances publiques un peu partout dans le monde c’est l’hyper inflation des actifs comme les actions, les produits dérivés et désormais aussi les cryptomonnaies. Mais cela n’est pas éternel car les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, même si parfois les valeurs du Nasdaq s’en approchent. La question que je me pose personnellement est comment va-t-on gérer la fin de la hausse des actions ? Que feront les intervenants, et tout particulièrement la spéculation haussière, lorsqu’ils commenceront à intégrer que les cours ne pourraient plus progresser davantage ? Ce moment-là va bien sûr venir un jour même si pour le moment la grande majorité croit encore à la poursuite de la hausse. Sur le plan technique, j’ai déjà signalé la semaine dernière et un peu avant l’arrivée probable à « maturité » du Nasdaq. Les très gros paquebots ont commencé très discrètement à virer de bord et semblent clairement changer de stratégie pour les mois qui viennent.
A Paris, l’indice Cac 40 repart à la hausse après une faiblesse passagère mais reste encore et toujours « confiné » en dessous de la ligne de résistance du canal haussier majeur à long terme qui passe désormais autour de 5.860 points. Quid alors des 6.100 points et de la fermeture du dernier « gap » ouvert il y a exactement un an presque jour pour jour ? Il n’y a pas de réponse claire et objective à cette question car le dernier mot appartient au Nasdaq où il y a quand même énormément d’argent englouti dans les Gafam entre autres. Or celui-ci montre de puas en plus clairement des signaux techniques assez inquiétants sur le court terme avec des menaces de ruptures majeures à la clé (Lire par ailleurs l’analyse spécifique sur ce marché). Dans ces conditions, même si théoriquement un potentiel haussier supplémentaire pourrait encore exister, la prudence doit être de mise et ce n’est certainement plus le moment de prendre de gros risques sur les marchés !
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