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Bic : du jetable au durable ? Du magasin à Internet ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 12 mars 2021 (numéro 1.080) : “Stellantis versus Volkswagen et Toyota. ”. Bonne lecture !!!
Depuis quasiment toujours, l’ADN de Bic, c’est de fabriquer pas cher pour vendre pas (pas trop) cher des produits qui ont une certaine durée de vie mais qui, au bout de leur usage, sont bons à jeter. Les briquets Bic ne peuvent pas être rechargés, en théorie il est possible de changer la mine d’un stylo Bic, mais la plupart du temps, il est perdu ou jeté avant même que l’encre ne soit épuisée, le coût ultra-modéré de cet article d’écriture ne justifiant pas que l’on s’embête à demander, s’il en a, au buraliste, des cartouches d’encre supplémentaires.
Il en est de même pour le célèbre stylo quatre couleurs, qui est très utilisé en bleu et en noir, beaucoup moins en rouge et en vert. Même si Bic a essayé de se lancer dans les rasoirs où on ne change que les lames, avec un manche durable, l’essentiel des ventes, c’est le rasoir jetable, à une, trois, quatre ou cinq lames.
Le jetable, moins à la mode.
Dans notre société boboïsée, le jetable, ce n’est plus trop à la mode. Les offensives progressives contre le tabagisme nuisent également à la vente de briquets. Il ne faut pas oublier non plus que, pour faire joli dans le tableau, l’illettrisme progresse et les anciennes « chères têtes blondes » ont peut-être délaissé l’encrier et la plume Sergent-Major pour le style Bic mais délaissent, désormais, le stylo Bic pour la tablette électronique, l’ordinateur portable… et il n’est pas rare, sur les bancs des facultés, de voir les étudiants prendre des notes sur leur ordiphone (smartphone) ou enregistrer les cours. Pendant très longtemps, le groupe Bic a connu une croissance significative, d’années en années, mais ce n’est plus le cas.
En Bourse, le titre s’est rapetissé, d’un sommet de plus de 162 euros il y a quelques années de cela, on est tombé dans une fourchette beaucoup plus basse, avec une stabilisation entre 45 et 50 euros. Même si le groupe s’est lancé dans la vente directe, son service de rasage par abonnement n’a pas véritablement connu un grand succès. Bic reste pourtant une entreprise très intéressante, une affaire familiale, créée par Marcel Bich et Edouard Buffard, en 1944, à partir d’un savoir-faire de moulage et de décolletage plastique, un nouveau métier juste immédiatement après la Libération. Le succès est venu à partir de 1950 et de la création par Marcel Bich du stylo à bille, à partir du procédé de László Biró, qu’il avait fortement amélioré pour éviter que l’encre ne bave.