Le marché locatif meublé devient tendu pour les propriétaires

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Arnaud Hacquart, président d’Imodirect : « On se retrouve avec deux fois plus de meublés sur le marché et quatre fois moins de demandes. »

En un an de crise sanitaire, la réalité du marché locatif du meublé s’est totalement inversée. Si la notion de zone tendue demeure dans les textes, elle concerne désormais davantage les bailleurs que les locataires. À Paris et dans les grandes villes, les propriétaires sont confrontés à la fois à une migration de la demande locative et à une impossibilité de moduler à la baisse le montant de leurs loyers. Pour Imodirect, agence 100 % digitale de location et gestion locative, il est urgent de mettre les textes réglementaires en conformité avec la réalité nouvelle, et les pouvoirs publics doivent revoir l’encadrement des loyers.


L’Hebdo-Bourseplus : La Cour de cassation vient d’estimer que la réglementation encadrant la location de tourisme sur les plateformes comme Airbnb, mise en place par la Ville de Paris, est conforme au droit européen. Qu’en pensez-vous ?

Arnaud Hacquart : Cette décision confirme le fait que la législation, alliée à la crise sanitaire, a eu raison du business lucratif des locations de courte durée à Paris et très certainement à court terme dans l’ensemble des grandes métropoles. Pour les résidences principales, le nombre de jours de location maximum reste de 120 jours par an. Dans le cadre de la mise en location des résidences secondaires, l’obligation de l’achat d’une surface commerciale rend quasi impossible ce type de location pour un bailleur particulier.

Ces bailleurs vont donc définitivement se tourner vers la location meublée traditionnelle, avec l’impact que nous constatons actuellement : beaucoup plus d’offres et beaucoup moins de demandes, avec pour effet une baisse des prix et un retour vers la location non meublée. Cette situation n’est donc plus ponctuelle, mais va s’inscrire dans le temps. Nous allons assister à une offre du meublé traditionnel pléthorique alliée à une demande qui restera basse. Avant la crise, environ 50 % des locations de meublés traditionnels étaient réalisées dans le cadre du travail. Le développement du télétravail (et les économies d’échelle que cela va représenter pour les entreprises) va définitivement stopper cette manne. Les propriétaires vont devoir baisser leurs loyers ou transformer les locations meublées en non meublées, voire vendre les logements sous peine de se retrouver avec de fortes vacances locatives.


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