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SEB : le champion du petit électroménager a traversé l’orage (presque) à sec.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 26 février 2021 (numéro 1.078) : “Faurecia : une vie de célibataire, désormais. ”. Bonne lecture !!!
SEB : le groupe fabrique partout pour gagner mieux. Dans quelques jours, votre impatience sera comblée, vous aurez connaissance des résultats annuels du groupe SEB, qui sont programmés pour être rendus publics le 25 février. Pourtant, n’ayant pas connaissance des chiffres puisque je ne suis pas devin, je me permets de vous présenter une étude sur le groupe SEB, sur le numéro 1 mondial du petit électroménager, et je ne m’attends à aucune mauvaise surprise en ce qui concerne le résultat. En effet, le groupe SEB a déjà publié son CA de l’ensemble de l’année 2020, qui a été de 6,94 milliards d’euros, un repli de 5,6 % avec une baisse organique (à change et à périmètre constants) qui a été très limitée (-3,8 %), un effet de devise de -3 % et un effet périmètre de +1,2 %.
S’il n’y avait pas eu la diversification dans les secteurs professionnels, le CA aurait été quasiment stable, puisque l’activité grand public a été à -0,5 % seulement alors que les ventes aux différents utilisateurs professionnels ont chuté de 30,7 %, elles furent impactées par les restrictions dans l’hôtellerie et la restauration. Le groupe bourguignon (le nom SEB vient de Société d’Emboutissage de Bourgogne), va finalement terminer l’année avec un résultat opérationnel d’activité en baisse très légère, d’au moins 600 millions d’euros, et avec une trésorerie nette augmentée d’un 31 décembre sur l’autre.
Des produits SEB  plein vos placards.
Vous avez obligatoirement des produits SEB chez vous. Les marques sont connues : Tefal, SEB, Rowenta, Moulinex, Krups, Lagostina, All-Clad, WMF, Supor, Emsa… Les produits vont des poêles, des ustensiles pour la cuisine aux articles de cuisson électrique (cuiseurs à riz, friteuses, autocuiseurs…), de préparation de boissons (bouilloires, cafetières…) mais bien évidemment, dans les années récentes, la diversification la plus rentable a été l’explosion des ventes pour les robots de cuisine, souvent connectés désormais, ou les blenders. Bien sûr, il y a du petit électroménager non-culinaire tel que les fers à repasser, les générateurs vapeur, les aspirateurs, les ventilateurs, et n’oublions pas les équipements de soin de la personne, comme les appareils de coiffure ou d’épilation. Le groupe est implanté sur 42 sites de production dans le monde et produit sur place là où il vend.
L’entreprise est très faiblement endettée, du coup, elle est en mesure de faire des acquisitions, si tel est son désir, comme elle a pu le faire dans le passé, changeant de dimension progressivement. La dette nette était de 1,997 milliard d’euros au 31 décembre 2019, elle sera légèrement inférieure au 31 décembre 2020 et devrait se situer en dessous de 1,5 milliard d’euros au 31 décembre 2021. Thierry de la Tour d’Artaise sait mener la barque, même si certains membres de la famille fondatrice crient un peu, ils ne devraient pas se plaindre, mais il est bien connu qu’en France, on se plaint toujours la bouche pleine, et que l’on jalouse le succès du cousin. Dans le petit équipement domestique, lorsqu’un aspirateur tombe en panne, c’est rare que l’on se passe d’aspirateur. Il en est de même lorsque l’on casse le bol de la cafetière, on en change.