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Un village recherche un exploitant pour sa cressonnière
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Pierre-André Leleu, maire d‘Enquin-sur-Baillons (Pas-de-Calais) : « Il y a une volonté de plus en plus forte de consommer des produits en provenance directe des agriculteurs. »
C’est une annonce peu banale : la commune d’Enquin-sur-Baillons recherche un exploitant pour sa cressonnière. Le maire de ce village de 277 habitants, situé dans le Pas-de-Calais, souligne : « C’est une cressonnière en bon état, sur un terrain de gravier où l’eau est saine et où la pousse est généreuse. Elle est accessible directement par une route. » Le futur exploitant pourra compter sur les conseils d’un couple qui exploite une parcelle voisine.
La mise de départ pour l'intéressé n’est pas élevée. « Il y aura les graines la première année mais, après, la culture peut se faire en autarcie en faisant monter à graines une partie pour l’année suivante. Il faut des voiles pour protéger les pousses des poules d’eau et des canards, des bâches noires pour protéger la cressonnière quand elle n’est pas cultivée pour éviter qu’elle ne devienne un champ de mauvaises herbes, un frigo, et un camion frigorifique pour les livraisons » explique Pierre-André Leleu. Le loyer annuel est de 800 € sous la forme d’un bail rural. Pour postuler, il suffit d’envoyer un courriel à l'adresse suivante : mairie.enquinsurbaillons@wanadoo.fr, avant le 28 février.
L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi est-il aussi difficile de trouver des candidats pour de nombreux métiers qui ne nécessitent pas forcément une longue formation ?
Pierre-André Leleu : C’est une question d’attractivité. La cressonnière est un métier très spécial, très intéressant, très manuel et très noble, parce que l’on produit une culture alimentaire. Néanmoins, c’est un travail qui s'effectue les pieds dans l’eau et les mains dans l’eau. Dans les établissements d’enseignement général, on ne s’intéresse plus vraiment à ces petits métiers, on est toujours le mentor de quelqu’un et tous ceux qui travaillent dans la promotion des métiers ne parlent pas suffisamment avec éblouissement de ces métiers. J’ai été dans l’enseignement agricole et il a toujours fallu faire beaucoup d’efforts pour informer les jeunes. À la base, il faut une connaissance de ces métiers et il faut en parler avec suffisamment d’optimisme.
L’image de ces métiers n'évolue-t-elle pas depuis le confinement et la volonté des consommateurs de se rapprocher des producteurs locaux ?
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