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Les professionnels s’interrogent sur les conséquences de la loi Climat et résilience.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Danielle Dubrac, présidente de l’UNIS : « La valeur verte va entraîner beaucoup de changements dans le secteur de l’immobilier. »
La loi Climat et résilience pourrait entraîner une réduction de 25 % de l’offre locative selon les professionnels. En effet, les logements énergivores constituent 25 % du parc locatif privé et, s’ils ne sont pas rénovés, ils sortiront du parc, entraînant ainsi une chute de l’offre, ce qui représente 90 000 logements d’ici à 2023 et 2 millions d’ici à 2028. Parallèlement, l’UNIS constate que la construction est déjà en forte baisse, alors que le projet de loi Climat et résilience comprend un plan de lutte contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain qui limitera les projets de construction.
Face à cela, l’UNIS propose des solutions pour lutter contre les passoires thermiques tout en préservant l’accès des Français au logement, car « si l’on ne peut pas rénover les logements peu performants et que l'on ne peut pas construire, comment va-t-on loger les Français demain ? » L’organisation professionnelle a indiqué : « L’agenda climat ne tient pas compte de l’agenda copropriété qui a été perturbé par la crise. On a un vrai problème d’ajustement de la temporalité, c’est-à-dire d’alignement et de réalisme du calendrier. Il faut donc saisir l’opportunité de MaPrimeRenov’en 2021 et 2022, avant l’interdiction de louer en 2023. Mais, en 2023, certaines copropriétés commenceront à peine les travaux…
En amont, il faut un audit, avec des préconisations de travaux, puis constituer un plan, le voter et le financer. Au rythme des AG annuelles, et même avec des délégations de prises de décision intermédiaires, le rythme de la copropriété reste lent. » Rappelons que l’UNIS est la première organisation de professionnels de l’immobilier (2200 adhérents) qui représente tous les métiers du secteur : agents immobiliers, mandataires indépendants, gestionnaires locatifs, administrateurs de biens, experts, promoteurs-rénovateurs.
L’Hebdo-Bourseplus : Avant d’aborder la loi Climat résilience, quelle photographie faites-vous du marché immobilier en ce début d’année ?
Danielle Dubrac : Ce que l’on peut dire, c’est qu’entre 2018 et 2020, le marché a été très dynamique avec environ un million de ventes chaque année et il a résisté à la pandémie en 2020. Les notaires expliquent que les négociations sur les biens ont été plus longues et plus tendues à Paris, alors que le marché en grande couronne et en province était plus fluide et plus accessible. Nous n’avons pas senti de grosses difficultés sur les trois dernières années. La visibilité est faible pour 2021, car certains considèrent que le marché repart, tandis que d’autres pensent que le marché n’est pas très dynamique et, comme les inconnues sont nombreuses, on ne sait pas s’il va y avoir une baisse ou non.
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