Un maire demande à l’État d’agir rapidement sur les déserts médicaux.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Juan Martinez, maire de Bellegarde (Gard) : « On a bien compris que les jeunes médecins ne veulent plus travailler sept jours sur sept et 24 heures sur 24, comme c’était le cas il y a quelques décennies. »

Juan Martinez, maire de Bellegarde, une commune de 7300 habitants dans le Gard, vient de lancer un appel dans la presse régionale : « L’État doit absolument se pencher sur la question des déserts médicaux parce que la solution ne peut pas passer que par le numerus clausus ! Il faut que l’État ait aussi une politique pour inciter des médecins à s’installer dans des secteurs où il n’y en a plus ». Il propose que l’État délocalise les décisions puisque les maires et présidents d’intercommunalités sont déjà obligés de s’impliquer pour pallier les carences. Pour inciter les médecins à s’installer, il rappelle que « les médecins corvéables à merci, à toute heure du jour et de la nuit comme il y a trente ans, c’est fini ! »


L’Hebdo-Bourseplus : Qu’est-ce vous incité à pousser un coup de gueule dans la presse pour demander à l’État de prendre enfin à bras-le-corps le sujet sensible des déserts médicaux ?

Juan Martinez : Dans nos territoires, on observe qu’il y a de moins en moins de médecins qui s’installent en médecine libérale. Il y a vraiment une carence très importante. J’ai perdu deux médecins en quatre ans, ils ne sont pas remplacés et la ville d’à côté, Beaucaire, a perdu quatre médecins au cours de ces dernières années. On voit bien qu’il y a une crise des urgences, une crise d’accueil de la population, et que nos territoires ne sont plus attractifs pour les médecins qui pourraient s’installer en médecine libérale. Malgré cela, les collectivités mettent de nombreux moyens.

Nous investissons dans deux maisons médicales cette année pour offrir des infrastructures aux médecins, nous mettons en place des aides pour des jeunes étudiants, pour leur permettre de s’installer pendant trois ans à la sortie de leur diplôme... Nous mettons des moyens, mais j’ai l’impression que l’État laisse les élus locaux se débrouiller, pour créer presque de la concurrence entre les territoires. Il va falloir que l’on fasse d’autres choses et que l’on incite les externes à faire des stages obligatoires en médecine de ville pour désengorger l’hôpital. On voit bien que l’hôpital est en souffrance avec la Covid.


Peut-on espérer qu’une nouvelle génération de médecins aura quand même envie de profiter de la qualité de vie qu’offrent les petites communes ?

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