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Tourisme : une crise plus durable qu’on vous le dit.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 5 février 2021 (numéro 1.075) : “LVMH : le conglomérat du premium est-il sorti des ronces ? ”. Bonne lecture !!!
Il y a quelques trimestres de cela, la France revendiquait être la première destination touristique au monde. Adieu nos industries, vive le tourisme ! Aujourd’hui, on manque de médicaments dans les pharmacies… car les principes actifs sont fabriqués en Chine, en Inde… et d’autres pays paient plus cher, ils sont livrés en priorité, c’est un peu comme pour les vaccins. Nous étions très excédentaires il y a vingt ans dans la balance commerciale de l’industrie automobile et des pièces détachées, désormais, nous sommes lourdement déficitaires, et le poste transport, malgré les exportations d’Airbus, nous coûte 2 à 2,5 milliards d’euros de déficit mensuel, une somme qui n’est plus du tout compensée par les recettes apportées par les touristes étrangers.
La France, pays du chômage de masse.
L’INSEE vient d’annoncer que la France compte plus de 6 millions de chômeurs, dont plus de la moitié n’exerce absolument aucune activité, même à temps partiel. Le groupe Pierre & Vacances, de façon assez originale, s’était développé au cours des dernières années à travers les villages de vacances, les stations touristiques, d’abord à la montagne, et ensuite un peu partout ailleurs, notamment depuis le rachat de Center Parcs. Au T1 de son exercice à cheval, l’activité a été divisée par plus que deux, et il va falloir, très bientôt, expliquer aux différents investisseurs qui ont acheté des chalets Center Parcs ou des appartements dans les résidences Pierre & Vacances qu’il n’y aura pas de recettes au titre des loyers encaissés pour l’exercice en cours.
Pour faire face à ses échéances de dette, Pierre & Vacances est en train d’étudier une recapitalisation, pudiquement appelée « renforcement de ses fonds propres ». Bien évidemment, cela se voit sur le cours de Bourse, qui a du mal à dépasser les 10 euros désormais. La capitalisation boursière de ce qui fut une belle affaire n’est plus que d’une centaine de millions d’euros, s’il y a recapitalisation, il est fort à craindre qu’elle se fera de façon dilutive. On nous avait parlé d’une réouverture de la restauration le 20 janvier… Désormais, les plus optimistes envisagent une réouverture au début du mois d’avril, mais ce n’est pas encore certain.
Domaines skiables fermés par oukaze des branquignols.