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Les entreprises à enjeu fort en 2021 (3-3) : distribution, les grandes man"uvres accélèrent.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 29 janvier 2021 (numéro 1.074) : “Tourisme : une crise durable.”. Bonne lecture !!!
L’offensive éclair du groupe canadien Couche-Tard sur Carrefour, avortée à coups de canon et d’impolitesse par le démagogue logeant actuellement à Bercy l’a démontré : la grande distribution française reste très bon marché, et elle suscite, sinon de l’enthousiasme, du moins de l’envie par des éventuels acquéreurs. En dehors du périmètre coté, cela commence à bouger également. Chez Auchan, groupe privé, on est en pleine réorganisation, avec la montée en puissance d’Alexandre Mulliez, petit-fils préféré, nous dit la presse spécialisée, du fondateur d’Auchan, Gérard Mulliez.
Dans les groupements d’indépendants, E.Leclerc vient d’annoncer être entré dans la pétaudière du commerce électronique, avec, sur son site, une place de marché qui va contribuer, vraisemblablement, à ruiner son image prix, puisque n’importe quel commerçant offrant un pourcentage au site pourra s’y afficher, récupérer la clientèle… à des tarifs qui ne seront pas obligatoirement ceux des magasins, indépendants je le rappelle, et libres de fixer leurs prix, selon des consignes nationales, ou non.
Drive et LAD progressent vite.
Le groupe E.Leclerc avait gagné beaucoup de parts de marché grâce au succès de ses drives, qui ont été, la plupart du temps, l’occasion d’installer des entrepôts là où il n’y avait pas de magasins, ni supermarchés ni hypermarchés, afin de récupérer la chalandise, de nouvelles zones. Il ne faut pas oublier que les commissions départementales d’urbanisme commercial avaient plus ou moins bloqué l’extension des centres E.Leclerc, beaucoup ont trouvé une faille dans le dispositif en construisant ces entrepôts, qui n’accueillaient pas le public, qui ne sont pas considérés comme des commerces stricto sensu, mais qui sont des commerces quand même, on fait sa commande sur Internet, on se gare sur le petit parking, on charge les colis qui sont préparés et on s’en va, bien évidemment, après avoir payé.
Ce processus nouveau pour faire les courses était déjà en forte expansion au cours des dernières années, avec la multiplication de l’offre, mais il y a eu une véritable envolée en 2020, du fait du confinement, et des peurs irrationnelles liées à la crise sanitaire. Sur l’ensemble de la France, selon des chiffres publiés sur le site du journaliste spécialisé Olivier Dauvers, on est passé de moins de 6,8 milliards à plus de 9,5 milliards d’euros de CA. Le drive reste un format minoritaire sur la distribution française, mais cela bouge, tout comme pour la livraison à domicile (LAD), qui a connu une expansion particulièrement forte l’an dernier. Dans la livraison à domicile, tout le monde perd de l’argent, sauf vraisemblablement Monoprix, qui est un vieux de la vieille dans ce secteur avec son implantation de centre-ville.