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Près de 100 mouvements liés au Brexit à Paris selon Knight Frank.
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✍️ Par Nicolas MIGUET
Plus de quatre ans après le référendum, le Brexit est concrètement entré en application le 1er janvier 2021. Quelques mois après sa dernière étude sur le sujet, Knight Frank France dresse un nouvel état des lieux des mouvements liés au Brexit et de son impact sur les marchés immobiliers.
Après le pic de 2018 (227 projets) et un léger ralentissement en 2019 (168), les mouvements liés au Brexit ont été bien plus rares en 2020 : « Une soixantaine de mouvements certains ou potentiels ont été recensés l’an passé en Europe, soit près de trois fois moins qu’en 2019. Cette forte baisse n’est pas surprenante. Entre le référendum de 2016 et la fin de 2019, de nombreuses entreprises avaient déjà pris leurs dispositions pour pouvoir continuer à accéder au marché européen après le Brexit, en obtenant un ou plusieurs agréments auprès d’autorités de régulation locales et en ouvrant des bureaux au sein de pays de l’Union. La chute du nombre de mouvements constatés en 2020 peut également s’expliquer par l’épidémie de Covid-19 qui, ajoutant au flou entourant les négociations entre Londres et l’UE, a contraint certains acteurs à concentrer leurs efforts sur la gestion de l’urgence sanitaire et à reporter leurs projets d’implantation ou de relocalisation liés au Brexit » explique David Bourla, directeur des études chez Knight Frank France.
Les 60 projets certains ou potentiels de 2020 portent à 576 l’ensemble des mouvements liés au Brexit depuis le referendum de 2016, dont 64 % concernent des entreprises de la finance, soucieuses de pouvoir continuer à vendre leurs services et produits dans l’UE malgré la perte du passeport européen. La répartition géographique des mouvements liés au Brexit confirme la constitution d’un système financier européen multipolaire au profit de quelques grandes métropoles européennes.
Ainsi, les 576 mouvements certains ou potentiels recensés depuis 2016 se répartissent dans une cinquantaine de villes, même si trois d’entre elles – Dublin, Paris et Luxembourg – en concentrent la majorité (54 %). Dublin (129 mouvements) reste la grande bénéficiaire des mouvements liés au Brexit en raison de sa proximité géographique et culturelle avec le Royaume-Uni et d’un cadre réglementaire et fiscal particulièrement attractif. Paris (100 mouvements) a conforté sa deuxième place et creusé l’écart avec Luxembourg en 2020. Luxembourg compte 13 mouvements de moins que Paris et devance Amsterdam et Francfort.
Quelles perspectives pour 2021 ?
Si le no deal a été évité, l’accord de commerce et de coopération signé à la toute fin de 2020 ne change pas la donne pour la finance ou d’autres secteurs comme celui de l’audiovisuel, qui n’ont plus automatiquement accès au marché européen depuis le 1er janvier 2021. Les projets de relocalisation et d’implantation liés au Brexit ne sont donc pas remis en cause et plusieurs devraient encore se concrétiser ces prochains mois. Ainsi, Paris pourrait certes gagner de nouveaux emplois liés au Brexit, mais dans des proportions moindres que celles espérées avant l’épidémie de Covid-19.
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