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Stellantis, Renault, Faurecia : les entreprises à enjeu fort en 2021 (1-3).
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 15 janvier 2021 (numéro 1.072) : “Les entreprises à enjeu fort en 2021 (2/3).”. Bonne lecture !!!
A tout Seigneur tout honneur, en 2021, la fusion entre Peugeot et Fiat Chrysler va démarrer l’année, pour forger un numéro 4 mondial de l’industrie automobile (par le chiffre d’affaires), qui s’appellera Stellantis. Cela sera effectif dès le 18 janvier, il faut applaudir la rapidité de l’opération, qui a duré à peine plus d’un an, alors qu’elle était ultra-complexe, et qu’elle a nécessité plus de 12.500 pages de documentations et de réponses aux questions des différentes autorités de la Concurrence. En année ordinaire (on prendra comme référence 2019), Stellantis, c’est 8 millions de véhicules vendus sous 14 marques dont certaines ont une renommée mondiale telles que Peugeot, Alfa Romeo, Opel, ou encore Jeep, et certaines sont davantage locales ou régionales telles que Vauxhall, Lancia ou encore RAM.
Stellantis sera le numéro 2 en Europe, pas très loin derrière le groupe Volkswagen, avec un potentiel de devenir le numéro 1, mais cela, Carlos Tavares s’en contrefiche, puisque l’important pour lui c’est la marge, ce n’est pas le volume des ventes. Comme les groupes sont tous les deux bien portants (on a pu le constater lors de la publication des chiffres du T3 de 2020 chez FCA), l’objectif ne sera pas de fermer des usines et de supprimer des marques, mais de doper les marques existantes en élargissant, sans trop forcer sur les investissements, en partageant le plus d’éléments à partir de plates-formes communes existantes.
Compléter les gammes marque par marque.
Il y a du boulot à faire tant chez Abarth que chez Alfa Romeo ou Lancia, mais il y a également un vrai potentiel de redéveloppement de la marque Fiat, qui est très forte en Amérique du Sud, modeste en Europe et qui n’a pas investi dans le renouvellement de ses produits depuis plusieurs années, ce qui a nui à ses ventes. PSA dispose actuellement de cinq marques, dont l’allemande Opel et la britannique Vauxhall, en cours de terminaison de leur repositionnement sur les plates-formes PSA depuis le rachat en 2017 à General Motors. Qu’il s’agisse d’Opel ou de Vauxhall, l’extension internationale est devant ces deux marques, à Vauxhall la partie « les gens qui roulent à gauche », pour Opel, l’essentiel du marché, dont vraisemblablement un retour programmé en Amérique du Nord, une implantation au Japon car la marque allemande y rassurera davantage que la marque britannique Vauxhall.
En revanche, il n’est pas interdit de penser que Vauxhall soit un jour introduite de nouveau sur le marché indien, au potentiel hyperprometteur, où le groupe FCA a plutôt réussi sous la marque Jeep, après avoir échoué sous la marque Fiat, malgré plusieurs tentatives. Citroën est également une marque visant le marché indien. Alfa Romeo et Lancia sont deux marques italiennes au passé prestigieux. Même si la réintroduction d’Alfa Romeo en Amérique du Nord n’a pas obtenu le succès escompté par feu Sergio Marchionne, ancien dirigeant de FCA, cela n’a pas été un échec total non plus. Avec une gamme plus complète, Alfa Romeo, tout comme Lancia, ont un potentiel de développement de leurs ventes. Pour le moment, Lancia n’est commercialisée qu’en Italie, avec un modèle unique, la petite Ypsilon. Dans le passé, Lancia a été très présent sur le segment C avec des véhicules sportifs, et a eu son heure de gloire dans le luxe à l’italienne.