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Un coup de semonce vite oublié ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le coup d'alerte sur l'évolution négative de la pandémie au Royaume-Uni avec ses conséquences sur les restrictions drastiques de circulation décidées par le gouvernement britannique ont jeté un coup de froid inattendu sur les marchés boursiers. La Bourse de Paris y a même été plus sensible qu'ailleurs au point de perdre jusqu'à 4 % au plus creux de la séance de ce lundi 21 décembre. Cette donnée importante est arrivée alors que l'indice Cac 40 n'arrivait pas à déborder la zone de résistance située autour de 5.600 points, et ce, depuis plusieurs semaines. Il n'en fallait pas plus pour pousser les gros intervenants aux prises des bénéfices. Les robots et les algorithmes ont fait le reste du travail car ils estiment que la valeur théorique instantanée du Cac 40 aurait baissé en raison de l'apparition de cette nouvelle variante du Covid-19 dont la transmissibilité est beaucoup plus forte que la variante actuelle. Les réactions aux nouvelles sur la pandémie se font sentir beaucoup plus fortement à la Bourse de Paris qu'ailleurs car les échanges quotidiens sont structurellement déséquilibrés en faveur des grands intervenants anglo-saxons.
Mais la très bonne tenue de Wall Street au cours de cette première séance de la semaine avec en prime, une clôture dans le vert, a vite ramené les esprits au calme. Sur le moyen terme, ce sont toujours les très abondantes liquidités disponibles dans le système financier mondial qui continuent de pousser les cours boursiers vers le haut. Tout a été fait en amont pour que cela se passe ainsi car les États ont d'énormes besoins de refinancement qu'ils auraient du mal à boucler sans l'apport de marchés boursiers fortement évalués. La bulle financière est devenue nécessaire et vitale pour les finances étatiques de l'ensemble de la planète. Il est difficile d’expliquer les choses autrement après les constats des mises en place des plans de relance dont les montants mobilisés suivent une tendance exponentielle. Avant, les Banques centrales retiraient les excès de liquidités injectées auparavant en période crise dès que les choses s'amélioraient.
Or, depuis quelques années, elles ne le font plus ou n'ont plus le temps de le faire car les crises se succèdent à un rythme de plus en plus accéléré. De plus, la profondeur inédite et extraordinaire de la récession due au Covid a nécessité des volumes de capitaux sans commune mesure avec ceux de la crise du « subprime » ou de la dette grecque. Le retour sur « investissement » passe obligatoirement par des taux bas et des capitalisations boursières élevées. Malgré tout ce qui a été mis en place, la chute des marchés en mars a prouvé que le scénario de l'effondrement reste possible. Techniquement, la tendance haussière de fond qui a commencé avec le creux de 3.632 points du 16 mars se poursuit toujours. Elle se déroule dans ce grand canal ascendant dont les cours de l'indice butaient sur la résistance située autour de 5.600 points depuis un mois environ. Même si théoriquement, son potentiel correctif pourrait se prolonger jusqu'à la ligne de support passant actuellement vers 4.650 points, le rebond intervenu sur la MM50 située près de 5.412 points devrait plutôt favoriser la poursuite de la hausse jusqu'à la fin d'année.
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