Le Sénat enquête sur la gestion de la crise sanitaire.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Catherine Deroche, sénatrice LR du Maine-et-Loire : « Nous devrions avoir un regard beaucoup plus critique sur les vérités que l’on nous assène et qui ne sont peut-être pas des vérités. »

La commission d’enquête parlementaire du Sénat chargée d’évaluer la gestion de la crise sanitaire a dévoilé les conclusions de son rapport après plusieurs mois d’auditions. Présidée par Alain Milon, sénateur Les Républicains (Vaucluse), la commission – qui compte trois rapporteurs, les sénateurs Catherine Deroche (LR, Maine-et-Loire), Bernard Jomier (Parti socialiste, Paris) et Sylvie Vermeillet (groupe Union centriste, Jura) – vient d’adopter ce rapport de 400 pages. Les parlementaires pointent un « défaut de préparation », un « défaut de stratégie » et un « défaut de communication » dans la gestion de cette crise. La France, comme la plupart de ses voisins, était « mal préparée » à l’arrivée du virus, notent-ils, en dépit d’une « réaction précoce » du ministère de la Santé, dès début janvier, soit bien avant l’apparition des premiers foyers de contamination.

Le document consacre une large part à la « triste saga des masques », qui « restera le symbole d’une impréparation lourde de conséquences ». La pénurie des équipements de protection individuelle est d’abord imputable aux choix des gouvernements successifs qui, au cours de la décennie 2010, ont contribué à faire fondre les stocks, relèvent les sénateurs. De 2011 à 2016, le stock stratégique de masques FFP2 – plus protecteurs que les masques chirurgicaux – est ainsi passé de 700 millions à seulement 700 000, soit une diminution de 99,9 %. Le rapport insiste aussi sur la responsabilité de l’actuel directeur général de la santé (DGS), Jérôme Salomon, qui a décidé à l’automne 2018 de ne pas renouveler le stock de masques chirurgicaux, alors que plus de 600 millions de masques venaient d’être déclarés non conformes.


L’Hebdo-Bourseplus : Le Sénat est un contre-pouvoir dans notre système démocratique et il peut intervenir en faveur de la protection de nos libertés individuelles. La vraie question est-elle de savoir si le Sénat va jouer un rôle pour rester garant de nos libertés individuelles au cours des prochaines années ?

Catherine Deroche : Bien évidemment, dans tous nos débats, la commission des Lois, qui traitait de ce sujet, a toujours souhaité que les textes soient rédigés de la manière la plus claire possible sur les libertés individuelles, car nous sommes en effet garants des libertés individuelles. Nous sommes dans un système que je ne qualifierai pas de « démocrature », mais en effet la décision est très verticale. L’Assemblée nationale obéit le doigt sur la couture du pantalon à ce que demande l’exécutif. En plus, le Premier ministre est vraiment le collaborateur du président de la République et nous sommes les seuls à faire entendre notre voix. On ne dit jamais non par dogmatisme, mais on ne dit jamais oui par devoir d’obéissance.

Donc, on essaye toujours de trouver dans un texte le meilleur compromis possible. Il y a des moments où l’accord est impossible, parce que l’on bute sur des choses, mais nous sommes vraiment dans la construction et nous souhaitons, comme beaucoup, que notre pays s’en sorte le mieux possible. Mais il est vrai que l’on assiste, depuis plusieurs années, à une dérive qui peut paraître inquiétante.

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