Etats-Unis : la fin d’un rêve de domination.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 24 décembre 2020 (numéro 1.069-70) : “Pétrole : la revanche se prépare.”. Bonne lecture !!!

Il y a un siècle de cela, avec Woodrow Wilson (président de janvier 1913 à janvier 1921), les Etats-Unis ont eu à leur tête un ségrégationniste proche du Ku Klux Klan. Nonobstant le naufrage du Lusitania, torpillé par un sous-marin allemand, avec de très nombreuses victimes nord-américaines, le président américain est resté isolationniste jusqu’en avril 1917, renfermant le pays sur lui-même, et, après les traités de 1919, où il imposa l’éclatement de l’empire austro-hongrois, stabilisateur de l’Europe centrale, et s’opposa à l’autonomie de la Rhénanie, nécessaire à la sécurité de la France comme de la Belgique, Wilson fut incapable de faire approuver par le Sénat américain le traité de Versailles, tuant dans l’œuf la Société des nations, où les Etats-Unis n’ont jamais adhéré.

Le retour d’America first.

Elu sous le slogan « Make America Great Again », Donald Trump a eu le même tempérament isolationniste. America First, ce n’était pas un slogan, mais cela a été une réalité. Les Etats-Unis sont sortis de l’accord de Paris sur le climat, de celui sur le nucléaire iranien et même de l’Organisation mondiale de la santé, en pleine pandémie de Covid-19. On peut considérer que la première puissance mondiale (ce qui est toujours le cas) a fait le choix de s’effacer peu à peu des affaires internationales, au grand profit de la Chine, qui est la puissance émergente, désireuse de retrouver le plus rapidement possible son rôle de première Economie mondiale qui fut celui de la Chine pendant presque deux millénaires, avec comme seul rival l’immense sous-continent indien.

Il ne faut pas oublier que le Royaume-Uni fut une éphémère puissance mondiale uniquement grâce à la conquête de l’Inde, au milieu du XVIIIe siècle. Washington joue avec la valeur du dollar, a engagé (sans la gagner) une guerre commerciale avec Pékin et s’est fâché avec les Européens, sur de bons prétextes parfois (le financement de la Défense européenne est essentiellement assuré par le budget militaire américain dans le cadre de l’OTAN), mais aussi sous des prétextes farfelus, comme une pseudo rivalité d’ancienne Guerre Froide avec la Russie, qui n’est plus du tout soviétique.


Autonomie en pétrole et en gaz.

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