Le mirage mondialiste.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Olivier Piacentini, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, est écrivain et politologue. Son premier livre, sorti en 2006, « Vers la chute de l’Empire occidental »; a été un succès de librairie. Ensuite, il a publié « Vers la chute de l’Empire Occidental », « Le dossier noir du socialisme français », « Le crépuscule de l’Occident », « La mondialisation totalitaire » et « OPA sur l’Élysée ». Il contribue également à de nombreuses émissions radiophoniques pour s’exprimer sur des sujets de politique française, d’économie ou de relations internationales.

Dans son dernier ouvrage, « Le mirage mondialiste », Olivier Piacentini nous alerte sur la manipulation dont nous sommes victimes depuis des décennies : « J’ai voulu évoquer les aspects sociologiques et culturels qui accompagnent cette mondialisation, car ils fondent le système qui imprègne les esprits afin de rendre la mondialisation acceptable, et même naturelle, dans l’esprit des gens. Je voudrais que ce livre soit un miroir pour que les gens aient conscience de la manière dont ils sont informés et divertis, avec une orientation bien particulière. »

Olivier Piacentini explique : « Très peu de gens relient cela à un système mondialiste et, quand vous évoquez cela, vous êtes tout de suite relayé dans la catégorie des complotistes. Je ne parle pas de complot, mais d’une idéologie qui est partagée par une super classe mondiale, qui maîtrise la plupart des grands médias et la plupart des grands vecteurs de divertissement. Vous avez un ensemble de choses qui vont toujours dans le même sens et qui font système. Quand je parle de la manière dont on parle du libre-échangisme dans les médias, vous constaterez que l’on est tout de suite qualifié d’arriéré lorsque l'on veut défendre des barrières protectionnistes. Il faut que les gens comprennent bien que tout ceci mériterait des débats plus approfondis, mais cette vision du monde et de la société répond aux intérêts des gens qui maîtrisent les médias, l’information et le divertissement. »

La défense de ce « mirage mondialiste » est pourtant une nécessité pour un débutant qui souhaiterait faire carrière dans les médias ou la publicité et, pour les entreprises, séduire un public jeune est aussi une nécessité. Olivier Piacentini reconnaît que la pression est permanente : « L’idéologie conditionne le travail des gens qui gravitent autour de ce système, puisque vous avez énormément de gens de très bonne foi qui travaillent dans la publicité, le cinéma ou l’information, et qui sont obligés de délivrer une certaine forme de discours et d’orientation. Il est bien évident que mes critiques ne vont pas contre ces gens-là, mais je constate que, petit à petit, ils doivent rentrer dans le moule parce qu’ils y sont contraints. Chaque année, il y a une évolution de plus en plus forte des mentalités pour accepter certaines données du mondialisme, comme le métissage, l’immigration de masse et l’économie complètement ouverte. Mais il y a quand même un début de rébellion aujourd’hui, tout le monde peut le constater, car de plus en plus de gens reconnaissent qu’il y a un problème dans le monde médiatique, avec un décalage avec ce que les gens ressentent aujourd’hui. »

Cependant, une majorité de Français continuent de suivre l’idéologie dominante et de traiter de complotistes tous ceux qui tentent de susciter des débats. Est-ce l'illustration d'un échec des opposants à l’idéologie mondialiste ? Olivier Piacentini observe que le rapport de force n’est pas le même : « Il est bien évident que nous ne représentons absolument rien dans l’espace médiatique, ou dans l’espace de divertissement, avec la téléréalité qui modifie énormément la perception de la jeunesse par rapport au travail, à la famille ou à la sexualité. Nous n’avons pas des moyens qui sont en rapport avec ceux qui sont en face de nous. Pourtant, les mentalités changent et beaucoup de gens commencent à avoir beaucoup de doutes, notamment sur l’industrie pharmaceutique, les questions qui touchent à la liberté de commercer, beaucoup de gens se posent des questions. Il y a une évolution très nette de la perception de l’opinion depuis trois ans et cela veut bien dire que tout le travail que nous avons mené en amont commence à porter ses fruits. »

N’est-ce pas le piège de la déformation du prisme des réseaux sociaux que de penser que tout le monde se situe sur la même ligne ? Olivier Piacentini analyse la manière dont ces idées se sont imposées : « Je n’ai pas l’impression que la Terre entière pense comme moi, mais j’ai quand même l’impression que de plus en plus de gens pensent comme moi ! Les idées mondialistes ne se sont pas imposées du jour au lendemain, c’est la technique du voleur chinois, c’est-à-dire que, jour après jour, on déplace les lignes progressivement. Je prends l’exemple de la question homosexuelle : on a commencé par dépénaliser, là-dessus il n’y a rien à dire puisque la pénalisation de l’homosexualité était anormale, donc il était normal d’avoir une égalité des droits, mais ensuite on est passé au PACS, puis au mariage pour tous et, maintenant, on en est à la PMA, la GPA et l’adoption. On voit bien qu’il y a un rouleau compresseur qui va toujours dans le même sens et qui influence grandement les gens. On n’est pas passé directement de la dépénalisation de l’homosexualité à la GPA et à l’adoption. On peut reprendre cette idée avec la fiscalité, puisque le général de Gaulle disait qu’au-delà de 33 % de prélèvements publics nous basculerions dans le communisme. L’an dernier, on était à 57 %, or cette année on sera probablement à 63 %. Vous voyez bien que l’évolution se fait petit à petit. J’observe un début d’amorce de démondialisation des esprits mais, bien entendu, je ne dis pas que tout sera abouti dans les six mois qui viennent… »

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