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Accor : les banksters vont forcer à une recapitalisation.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 18 décembre 2020 (numéro 1.068) : “Etats-Unis : la fin d’un rêve de domination.”. Bonne lecture !!!
Accor : recapitalisation en vue ? Les banksters y poussent et le S1 de 2021 sera encoe très pénible. Le groupe Accor va mal, non pas parce qu’il est mal géré, mais tout simplement parce que son système économique repose sur les voyages d’affaires, sur le tourisme… deux secteurs particulièrement sinistrés avec énormément d’hôtels fermés, zéro salon ou presque, zéro congrès, et une réduction des déplacements touristiques au strict minimum, avec de l’hébergement familial de plus en plus, et de moins en moins de fréquentation des hôtels. Outre des emprunts (dont certains avec garantie de l’Etat, PGE), Accor a lancé une obligation convertible, à la fin du mois de novembre, pour 500 millions d’euros.
Il y avait presque urgence, puisque 550 millions d’obligations qui arrivent à échéance en février 2021 devaient être financées, sur le marché obligataire, Accor aurait eu à payer des lourds intérêts. En faisant une opération avec conversion possible, l’entreprise, qui n’a toujours pas publié ses comptes calamiteux de 2020 (ce qui n’est pas illégal), récupère de l’argent avec un taux d’intérêt annuel réduit de 0,7 % par an, avec la possibilité, pour les souscripteurs, de convertir les obligations au prix de 48,12 euros, si le titre Accor est au-dessus, ils seront bénéficiaires, la prime a été fixée à 65 % par rapport au cours de référence des actions ordinaires Accor sur le marché parisien au moment de l’émission.
OCEANE pour parer aux premières urgences.
Cette émission d’obligations à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles et/ou existantes (OCENANE) permet de lever potentiellement des fonds propres, tout en retardant la dilution, à l’échéance du 7 décembre 2027. Accor ne va pas bien et, sans rien cacher au marché, le groupe a annoncé qu’il enregistrera en 2020 un excédent brut d’exploitation négatif avec un résultat net qui extériorisera une perte supérieure à 1 milliard d’euros. Cela sera autant d’argent en moins dans les fonds propres.
Depuis la séparation entre Accor et Edenred (ex-Tickets Restaurants), depuis la vente des actifs immobiliers (Accor n’est qu’un actionnaire minoritaire dans Accor Property), il n’y a plus grand-chose à vendre, Accor fait purement et simplement de l’exploitation hôtelière, sur une gamme très large d’hôtellerie, des hôtels simples style F1 aux hôtels beaucoup plus sophistiqués tels que les Sofitel ou les Raffles. Le groupe Accor a beau avoir diversifié fortement ses zones d’activité au cours des dernières années, sa dépendance des hôtels situés en France en général et à Paris-Région parisienne en particulier, reste néanmoins très forte. La situation est difficile mais elle le serait davantage encore s’il n’y avait pas aujourd’hui un système d’exploitation qui relève plus de la franchise (70 % du CA des marques Accor vient des hôtels sous contrat de gestion, un peu plus de 25 % dans la gestion directe d’hôtels en propriété et en location).