Les relations entre les préfets et les élus locaux au c"ur des débats.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Laurent Burgoa, sénateur LR du Gard : « Pour être parlementaire, il faudrait au moins avoir eu un mandat local au préalable, afin de ne pas être déconnecté de la réalité. »

Les relations entre les préfets et les élus locaux s'inscrivent au cœur des débats car les maires sont mécontents, depuis l’affaire de la fermeture des commerces, de ne pas avoir été entendus par le gouvernement, alors que le Premier ministre, Jean Castex, avait justement plaidé pour un partenariat fort.

Laurent Burgoa, sénateur LR du Gard, vient d’évoquer cette situation au Sénat : « Malgré les pétitions de principe réitérées, la crise de la Covid aura été le triomphe du jacobinisme. Un grand journal allemand a renommé la France Absurdistan. La période peu glorieuse où il y avait pénurie de masques a pourtant montré que les meilleures solutions étaient trouvées dans la proximité. Or, jamais les moyens n’ont été donnés au couple maire-préfet pour fonctionner : le maire reste un exécutant sans marge de manœuvre ».


L’Hebdo-Bourseplus : Le gouvernement a beaucoup communiqué sur la relation de confiance entre les élus locaux et les préfets, mais on a constaté, lors de cette affaire des commerces non essentiels, que les élus locaux se plaignaient de n’être pas entendus. Qu’en pensez-vous ?

Laurent Burgoa : Il y a une discussion entre les élus locaux et les préfectures mais, malheureusement, on observe que nos préfets, dans nos départements, n’ont aucune latitude face aux attentes des élus locaux. Je prends l’exemple du Gard, mais c’est pareil dans les autres départements. Chaque fois que nous posons une question, nous entendons la même réponse : « Je vais relayer à Paris ». Nous voudrions que l’État pose un cadre et qu’ensuite il y ait une attitude définie à l’avance.

Par exemple, quand on impose le port du masque, la règle ne doit pas être la même dans une ville comme Nîmes, qui a 150 000 habitants, par rapport à la ruralité dans les Cévennes, ou au Cirque de Navacelles où il y a un habitant pour 10 000 kilomètres carrés... Pourtant, la règle est la même, puisque le préfet a dû imposer le masque sur l’ensemble du département. Il en est de même pour les commerces, car je pense que c’est le binôme entre le préfet et le maire qui avait le plus de possibilités de définir les commerces qui pouvaient être ouverts ou non. Il en est de même pour les lieux de culte. On aurait dû laisser les préfets et les maires décider de cela et l'on n’aurait pas eu toute cette polémique.

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