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Le parlementaire dénonce l’absence de prise en compte de la santé mentale des Français par le gouvernement.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Carles Grelier, député LR de la Sarthe : « 20 % des Français ont pensé au suicide, avant et après le premier confinement, c’est abominable. »
Jean-Carles Grelier, avocat en droit public, est député de la Sarthe. Il est membre de la Commission des affaires sociales et il s’est imposé comme l’un des spécialistes des questions de santé à l’Assemblée nationale, où il préside le Groupe d’étude sur la prévention en santé.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous relayez une étude IPSOS indiquant que 20 % des Français ont déjà envisagé de se suicider au cours du premier confinement. Comment peut-on en arriver à une telle extrémité ?
Jean-Carles Grelier : Depuis déjà pas mal d’années, personne ne se soucie réellement de la santé mentale des Français. Cela reste aujourd’hui encore un sujet tabou dont on parle assez peu. Cela reste aux yeux de pas mal de nos compatriotes une maladie un peu honteuse que d’avoir du vague à l’âme et de ne pas se sentir bien dans sa peau, dans sa tête, ou dans sa vie. On hésite souvent à en parler à son médecin. Lorsque l’on en parle à son médecin, qui est souvent un médecin généraliste, il n’est pas formé à la psychiatrie, à la détection de la maladie mentale, et l'on se retrouve sous antidépresseurs pendant une longue période.
On arrête son traitement en pensant que tout ira mieux et que l’on aura la force de surmonter cet épisode. On finit par ne plus se soigner et par retomber gentiment, sans faire de bruit. La maladie mentale est une maladie insidieuse. Elle est terrible et des périodes comme le confinement l’ont considérablement accentuée. Là aussi, le silence continue de se faire autour de cette situation.
Dans le Ségur de la santé, ou dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le ministre de la Santé arrive tous les jours avec des milliards d’euros supplémentaires pour notre système de santé. Mais pas un centime n’est attribué à la psychiatrie ou à la maladie mentale. J’ai été confronté il y a peu de temps au témoignage d’un médecin psychiatre, chef de service dans la région parisienne, qui me disait que dans son grand hôpital parisien, elle avait réussi à obtenir - après dix ans de lutte - deux lits d’urgence en psychiatrie au service des urgences, pour prendre le plus vite possible en charge ces malades qui ont fait une tentative de suicide ou qui ne se sentent pas bien.
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