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La fin du sinistre impose un état des lieux
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La Bourse de Paris reprend son souffle après deux semaines haletantes. Dans les dernières séances du mois d'octobre, de nombreux intervenants se sont laissés emporter par le pessimisme ambiant et ont adopté des stratégies baissières au pire moment. Ne voyant pas comment la Bourse de Paris pouvait offrir de la hausse alors que la pandémie repartait de plus belle et les confinements étaient à nouveau imposés par le gouvernement, ils se sont laissés persuader qu'il n'y avait plus qu'une seule manière d'y gagner de l'argent : la vente à découvert !
Plus spécialement, c'étaient toujours les mêmes titres qu'ils avaient choisi de matraquer alors qu'ils étaient déjà à la cave. Pourquoi cette stupidité récurrente de vouloir vendre à découvert des valeurs dont le cours sont déjà très proches de zéro ? Certes, il arrive parfois que les actions d'une société soient regroupés suite à une augmentation de capital ou pour éviter de devenir une « penny stock » (cours inférieure à 1,00 euros), mais là les risques prix sont mathématiquement énormes alors que le potentiel de gain est au mieux, limité par zéro. Ce sont toujours ce type d'erreurs collectives qui sont à l'origine des plus belles hausses et en l'occurrence, celle de la semaine dernière est historique.
Bien sûr, il y a le vaccin qui change tout sur les marchés mais on savait déjà depuis longtemps que tous les grands labos mettaient le paquet pour en sortir un dans les mois qui viennent et surtout avec l'aide des gouvernements. Personnellement, je l'attendais pour plus tôt encore mais le Covid-19 s'est avéré beaucoup plus coriace qu'estimé initialement. A présent que les cartes sont redistribuées grâce au vaccin, l'évaluation de la valeur théorique des indices et des titres des sociétés cotées entre dans une nouvelle phase d'incertitudes.
Certes, la lumière revient enfin mais il va falloir tout de même faire l'état des lieux général sur l'endettement des États et la capacité des entreprises à retrouver des marges bénéficiaires à plus ou moins brève échéance. Continuer à voir les choses comme avant la crise serait une grave erreur car les cartes viennent d'être complètement rebattues et leur redistribution ne fait que commencer. Par exemple, la reprise du tourisme et du secteur aérien pourrait arriver trop tard pour un certain nombre d'acteurs du secteur mais ceux qui auront passé le « cut » (survécu), la hausse en Bourse de leurs titres devrait s'avérer extraordinairement élevée avec la disparition d'une bonne partie de la concurrence.
Cela est également valable pour le secteur pétrolier notamment si les cours du brut continuaient à remonter, ce qui est assez probable (voir par ailleurs l'analyse spécifique sur le pétrole). Pour les autres, il faudra voir l'étendue des dégâts sur les comptes et sur les actifs avant de prendre des risques. En attendant, les conditions techniques d'une poursuite de la hausse sur les prochaines semaines et les prochains mois (moyen terme) restent extrêmement favorables sous l'effet des moteurs des rachats de découverts et de l'abondance extraordinaire des liquidités issues des politiques des banques centrales qui avaient tellement craint la panne sèche qu'ils ont arrosé le circuit financier avec des quantités colossales jamais observées par le passé. Elles ont toujours eu un effet accélérateur sur la hausse après les crises et cette fois-ci, cela ne devrait pas déroger à la règle.
Techniquement, même si une légère consolidation à court terme reste assez probable, l'indice Cac 40 devrait rapidement reprendre le chemin de la hausse pour aller défier les 5.560 points dans un premier temps. Par la suite et peut-être même avant la fin de l'année, il pourrait poursuive son périple en direction de la zone de résistance horizontale majeure à long terme de 6.100 points.