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Renault : le salut passe par Nissan... et l’Iran ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 27 novembre 2020 (numéro 1.065) : “Sodexo : la vie avec moins de cantines”. Bonne lecture !!!
En Bourse, depuis plusieurs séances, le titre Renault a fait une énorme « remontada ». Après un plus bas annuel à 12,77 euros, le titre s’était stabilisé entre un point bas aux alentours de 20 euros et un point haut d’à peine 26 euros. Depuis quelques jours, cette limite supérieure a été franchie, on est désormais au-dessus de 31 euros, ce qui valorise le groupe Renault en théorie à 9,17 milliards, en pratique, ce que les analystes financiers n’ont pas encore compris, à seulement 7,8 milliards d’euros puisqu’il convient de déduire les 15 % du capital de Renault qui sont privés du droit de vote et qui sont détenus par sa filiale à 43,4 %, le groupe Nissan. Il s’agit d’un véritable autocontrôle, certainement pas des actions ordinaires, donnant droit à des dividendes.
Annuler l’auto-contrôle via Nissan ?
Renault n’en a pas les moyens, mais en réalité, il serait bon que Renault rachète la participation de Nissan dans son capital pour l’annuler, ce qui donnerait une visibilité meilleure sur la valeur boursière du groupe Renault, ultra-bradée encore, malgré la remontée. On se souvient d’un S1 horrible, Renault cumulant l’effet du confinement et de la fermeture tant des usines que des concessions et succursales en Europe avec un trou d’air sur le reste du monde, principalement au Brésil. Depuis désormais deux ans, Renault est à la manœuvre, cela va moins vite que chez PSA, mais cela avance tout de même. Là où une partie très importante des ventes en Europe était constituée d’immatriculations « tactiques », auprès de concessionnaires qui les portaient en stock ou de loueurs de courte durée, des ventes sans marge, le marché a été drastiquement assaini sur les neuf premiers mois de l’année 2020.
Cela explique que les ventes mondiales sur les neuf premiers mois de l’année soient à -26 % chez Renault contre une baisse du marché global à -20 % seulement. En Europe, cela va mieux, avec -31 % pour le groupe Renault (marques Renault, Dacia, Alpine et Lada), alors que le marché est à-29 % sur neuf mois. Sur le T3, le marché européen était à -5 % et Renault à -3 % seulement. Il y a eu une accélération tout au long du T3, avec un mois de septembre très positif en Europe, cela s’est prolongé au mois d’octobre. En Eurasie (essentiellement la Russie, du fait de la prépondérance de Lada), Renault affiche +23 % au mois de septembre, la part de marché est au sommet, sur le marché russe, l’ensemble des marques Renault + Nissan + Infiniti + Lada représente presque 40 % du marché désormais, c’était un objectif qui était jugé comme inatteignable par la plupart des observateurs il y a encore quelques trimestres de cela.
Le terrible tango sud-américain.