Un croquis d'un immeuble

Savills estime que le second confinement aura des conséquences économiques plus lourdes que le premier.

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

Le conseil immobilier Savills fait le point sur le marché de l’investissement en France en soulignant que « les résultats du troisième trimestre 2020 ont été rassurants. Démonstration a été faite de sa résilience et de sa capacité de rebond. Il semblait ainsi en mesure de tutoyer la barre des 25 milliards d’euros placés au terme de l’année, ce qui aurait constitué une performance au vu du violent coup de bambou subi au deuxième trimestre. La dégradation de la situation sanitaire et l’entrée en vigueur, le 30 octobre, d’un nouveau confinement d’un mois minimum viennent assombrir ces perspectives. Il paraît inévitable que la fin 2020 se traduise par un nouveau ralentissement de l’activité du marché de l’investissement, susceptible de se prolonger tant que des solutions médicales ne garantiront pas un contrôle de la pandémie ».

Selon l’étude, « il est mécaniquement possible que l’économie française connaisse une nouvelle phase de récession. La dégradation de la situation économique est donc certaine, son ampleur et sa durée demeurent cependant au rang des inconnues. Outre les effets mécaniques, la dimension psychologique compte également. Il est en effet à craindre que les répercussions de ce second confinement en six mois ne soient plus lourdes que celles qui avaient été observées au printemps. Échaudés, consommateurs et décideurs économiques risquent en effet de s’enfermer dans une position attentiste et méfiante, néfaste à la capacité de rebond de l’économie à la sortie du nouveau confinement. La reprise économique serait alors moins forte que celle observée lors du premier épisode ». Ainsi, « l’économie pourrait s’inscrire durablement en dessous de ses niveaux d’avant- crise, au moins tant que le monde ne paraîtra pas à l’abri du risque d’une nouvelle dégradation sanitaire ».

Pour l’investissement en immobilier d’entreprise, « un tel environnement économique et psychologique se paiera cash, au travers d’une baisse du volume d’activité. Le marché français semblait en bonne voie pour atteindre la barre des 25 milliards d’investissement au terme de l’année 2020. Une telle performance apparaît désormais difficile à réaliser ». Par ailleurs, l’étude souligne que « les actifs de bureaux ne sont pas impactés à l’identique que ceux qui relèvent de la logistique, des services, du commerce ou de l’hôtellerie. La logistique devrait ainsi tirer profit de la croissance du e-commerce, qui modifiera sans doute durablement le comportement des consommateurs, ainsi que du réexamen de la supply chain que devront engager industriels et enseignes. Cette classe d’actifs continuera donc de susciter un intérêt croissant de la part des investisseurs, ce qui la prémunit contre une révision importante des valeurs. Il en va de même pour les résidences services et le résidentiel géré. Les prochains mois seront en revanche davantage à l’expectative pour le commerce et l’hôtellerie, dès lors qu’on sortira des segments Core. Là, certains business models ont montré leurs limites et de nombreuses interrogations pèsent sur l’avenir ».

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