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L’action Suez vaut-elle vraiment 18 euros ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 20 novembre 2020 (numéro 1.064) : “Renault : le salut passe par Nissan... et l’Iran ?”. Bonne lecture !!!
La Bourse a flambé lundi et a confirmé sa hausse mardi, mais l’action Suez, exception dans ce monde merveilleux, n’a pas bougé d’un cil, ou presque, grignotant quelques centimes lundi et les reperdant mardi. Depuis quelques semaines, le titre Suez, dans des volumes tout de même assez conséquents, se cantonne aux alentours de 16 euros, parfois un poil moins, parfois un poil plus. Pourtant, Veolia a confirmé son intention de proposer une offre à 18 euros, sous certaines conditions, une offre qui se veut amicale, mais qui est rejetée vigoureusement par le conseil d’administration de Suez.
Veolia Environnement a payé 18 euros… pour 29,9 % du capital achetés à Engie, et qui sont provisoirement privés de droits de vote, parce que la direction de Suez n’a pas consulté les instances légales du personnel… ce qui est quand même bizarroïde. La cour d’appel rendra sa décision le 19 novembre prochain, il est vraisemblable que Veolia récupérera ses droits de vote et le plein exercice de ses droits de propriétaire.
La dictature de dirigeants non-actionnaires.
Bertrand Camus, directeur général de Suez, se croit comme chez lui (comme le patron d’URW qui vient de recevoir une paire de claques en AGE) alors que, si l’on regarde le document de référence, il n’a que quelques actions… Veolia Environnement dispose de 29,89 % du capital, les salariés 2,75 % et Engie détient une participation résiduelle de 1,82 %. Les actionnaires individuels, la direction de Suez s’essuie les pieds dessus le matin en entrant au bureau, alors que les résultats de 2019 avaient été pourtant très bons et que la situation de Suez, spécialisé dans la distribution d’eau et dans le traitement des ordures ménagères n’était pas du tout impactée par la pandémie coronavirus, on a pris ce prétexte pour abaisser le dividende à 0,45 euro, et il fallait s’en contenter ! Il est bien évident que, lorsque la direction d’Engie, par la voix de Jean-Pierre Clamadieu, a annoncé au mois de juillet qu’elle mettait en vente sa participation dans Suez, il aurait fallu se réveiller. Pas du tout ! Bertrand Camus est parti en vacances pour tout le mois d’août, elles étaient certainement bien méritées… et, en fin de mois, à peine de retour, il a fait le surpris lorsque le groupe Veolia Environnement est sorti du bois, réactivant un projet de fusion qui avait déjà été mis en place dans le passé, puis retiré.
Suez : le n°2 endormi.