Les députés ouvrent le dossier Mediapro, dont les défauts de paiement peuvent avoir des conséquences délétères sur le financement des associations sportives dans les régions.

EN DIRECT AVEC...

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Cédric Roussel, député LREM des Alpes-Maritimes : « Il y a une solidarité du financement du sport professionnel vis-à-vis du sport amateur et c’est un particularisme français. »

Les députés ouvrent le dossier Mediapro afin de réclamer des éclaircissements sur le contrat signé entre la Ligue nationale de football (LFP) et le groupe Mediapro (détenu à 60 % par des capitaux chinois), nouveau diffuseur de la Ligue 1 et de la Ligue 2. Cédric Roussel, député LREM des Alpes-Maritimes, préside au Palais Bourbon le groupe d’études sur l’économie du sport. Il souhaite une réaction rapide de l’ensemble des acteurs et des instances du football français dans le but de « rappeler Mediapro à ses obligations juridiques. C’est une véritable prise en otage de la part de Mediapro qui menace la compétitivité du football français et le financement de nos politiques sportives ».

Le patron du groupe Mediapro a annoncé avoir sollicité un délai de paiement pour sa deuxième échéance concernant les droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2 pour un montant de 172 millions d’euros. Il a également demandé à renégocier leur montant pour la saison 2020-2021 (780 M€). Une démarche qui a déclenché un séisme dans le football français, dont l’économie est en partie tributaire de ce contrat. À l’origine, la LFP avait pris le risque de céder les droits TV au candidat le plus offrant : 1,15 milliard d’euros par an pour la Ligue 1 – dont 780 M€ déboursés par Mediapro – soit 60 % de plus que pour l’appel d’offres précédent. Cédric Roussel, député LREM des Alpes-Maritimes, nous explique cette affaire et ses conséquences.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous lancez une série d’auditions à l’Assemblée nationale sur l’affaire Mediapro. En quoi ce contrat entre la Ligue nationale de football et Mediapro est-il si important pour le sport français ?

Cédric Roussel : Pour comprendre l’organisation du mouvement sportif, il faut savoir que toutes les fédérations signent des conventions de moyens et d’objectifs, donc avec des délégations de service public, avec le ministère. Concrètement, le ministère a signé une délégation de service public auprès de la Fédération française de football et, par ricochets, celle-ci a indirectement une délégation de service public. Tout ce qui peut concerner la Ligue de football professionnel concerne l’intégralité des missions du sport français.

C’est une structure qui émane de la volonté des clubs professionnels de football pour organiser la cession des droits TV du championnat de France. Cette tâche incombait à l’ancienne équipe dirigeante qui avait pour mission de renégocier les droits TV. Ces droits donnent lieu à une taxation de 5 %, notamment au titre de la taxe Buffet, qui permet de financer le sport amateur au sens large. Cette somme est affectée à l’Agence nationale du sport, entité nouvellement créée, qui a pour mission d’utiliser cet argent dans des appels à projets de la part des fédérations et des associations. L’idée est d’irriguer le développement du sport amateur sur nos territoires.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.