Un croquis d'un immeuble

Le marché des commerces reste très dépendant de la crise sanitaire.

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

La France a souffert depuis le début de la crise d’une chute brutale de la fréquentation de ses commerces à l’origine d’un fort décrochage de la consommation (-6,8 % en 2020) et des chiffres d’affaires des enseignes (-20 % à fin septembre selon PROCOS). Selon l’étude de Cushman & Wakefield, « la reprise post-confinement apparaît très inégale selon les secteurs, les commerces étant plus que jamais dépendants de l’évolution des flux de clientèle. Les pôles de proximité, rassurants et facilement accessibles (centres-villes, retail parks et centres intercommunaux) ont affiché une certaine résistance à cette crise.

A contrario, les pôles dépendant du tourisme ou des activités tertiaires, et les centres commerciaux à forte concentration de restauration ou de loisirs, n’ont pas encore retrouvé leurs performances d’avant Covid, faute de flux ». La situation reste incertaine avec le nouveau confinement : « Les mesures de confinement annoncées par la présidence au début du 4e trimestre viennent hélas exacerber les menaces qui pèsent sur le commerce traditionnel physique, et contrarier les secteurs qui bénéficiaient d’une reprise fragile, essentiellement à la périphérie des villes. Les conflits sur les loyers du premier confinement encore ouverts vont se retrouver encore au cœur des discussions difficiles des prochaines semaines. »

Il faut savoir que le ralentissement de l’ensemble des activités de production de biens et de services depuis le mois de mars a eu de nombreuses conséquences sur le développement du parc et le volume de surfaces en projet. Le rythme des livraisons a été freiné à la fois par les difficultés financières de certains promoteurs, la frilosité des enseignes à s’engager et les incertitudes quant à la fréquentation et les chiffres d’affaires à venir, conduisant au report ou à l’annulation de certains projets. L’année devrait donc s’achever avec un peu plus de 380 000 m² de nouvelles surfaces en ensembles commerciaux, soit 41 % de moins qu’en 2019. Les créations, si elles restent encore majoritaires avec 61 % du total de nouvelles surfaces, cèdent un peu de terrain aux restructurations (16 % vs 10 % sur les 5 dernières années).

Une note plus optimiste : l’année 2020 devrait s’achever de manière honorable pour le marché de l’investissement en commerces : « L’effet de report de signatures a permis de concrétiser au 3e trimestre des transactions initiées avant la crise du Covid. L’activité du 3e trimestre assure un volume cumulé sur les 9 premiers mois de l’année de 2,8 milliards d’euros ». Le rapport ajoute même : « Il existe toujours des liquidités prêtes à être investies en commerce, même si les investisseurs sont plus sélectifs dans leur appréhension du risque et plus flexibles sur les modes de financement à mettre en place. Au regard des promesses en cours, on peut s’attendre à réaliser un volume d’investissement proche de 4 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2020. Les regards se tournent désormais vers 2021 où le dynamisme du marché sera conditionné par la reprise de la consommation et l’aboutissement des négociations concernant les valeurs locatives. »

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