Une maison posée sur un plan

L’immobilier d’entreprise peine à décoller.

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

Selon la dernière étude de Cushman & Wakefield, le volume engagé en immobilier d’entreprise banalisé (bureaux, commerces, logistique et locaux d’activité) au 3e trimestre 2020 (5,3 milliards d’euros) peine à décoller. Il succède à un 1er trimestre « hors normes » dans la lignée de l’année 2019 et un 2e trimestre pour sa part atrophié par la période de confinement (3,9 milliards d’euros). Le bilan au terme du 3e trimestre reste donc mitigé. Il s’établit en baisse de 27% d’une année sur l’autre, mais demeure stable au regard de la moyenne sur la période 2015-2019 (17,3 milliards d’euros investis).

Magali Marton, directrice Études & Recherche France de Cushman & Wakefield, souligne : « Le 3e trimestre marque un tournant sur le marché de l’investissement en immobilier d’entreprise dans la crise sanitaire et économique que nous traversons ; au-delà de l’effet du volume d’acquisition, de nouvelles stratégies de la part des investisseurs commencent à se dessiner entre choix d’allocation d’actifs - un compartiment logistique qui s’impose de plus en plus -, sélectivité renforcée quant aux localisations, en écho à un contexte locatif en berne et des perspectives dégradées, stratégie core et value-added sous réserve que le risque soit désormais correctement rémunéré... Les investisseurs restent actifs et devraient soutenir les volumes d’acquisitions au 4e trimestre, confirmant ainsi la reprise, mais à un rythme encore très mesuré en attendant de lever toutes les interrogations.»

Cependant, dans un moment de marché où les engagements en immobilier d’entreprise banalisé se contractent, le segment logistique fait figure d’exception en se maintenant à l’équilibre par rapport à son équivalent de 2019 : 2,3 milliards d’euros investis depuis le début de l’année. Il traduit la confiance des investisseurs dans les perspectives long terme de cette classe d’actif. En effet, face aux incertitudes de la crise sanitaire et à l’accélération du commerce en ligne, cette classe d’actifs émerge comme une alternative aux traditionnels commerces et bureaux. Côté bureaux, le « closing » ce trimestre des premières acquisitions post-COVID, c’est-à-dire initiées après le début du confinement, permettent d’esquisser un premier croquis des nouvelles stratégies d’allocation géographique des investisseurs. En parallèle d’une accélération de la compétition à Paris (1,9 milliard au 3e trimestre), plusieurs acquisitions d’envergure sont venues abonder les volumes de la boucle sud (1,1 milliard d’euros) et de la première couronne sud (500 millions d’euros) ; des secteurs caractérisés par des fondamentaux locatifs stables (vacance et offre future maitrisées, faible exposition à des secteurs d’activité impactés par la crise…).

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