Automobile : le T3 confirme la “reprise en V”.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 6 novembre 2020 (numéro 1.062) : “Automobile : la reprise en V, 2e partie  : les équipementiers”. Bonne lecture !!!

Renault a tiré le premier, en publiant un chiffre d’affaires en recul de seulement -3,2 % au troisième trimestre, à périmètre et à change constants. Au cours des six premiers mois de l’année, le recul fut de 32,9 %, c’est dix fois moins, et le groupe a commencé le redressement de ses marges, puisque la baisse des ventes a été de 6,1 % au T3 avec 806.320 véhicules, c’est certes encore une baisse par rapport à la même période de 2019, mais il convient de rappeler que le T3 de 2019 fut encore réalisé « avec trucage  », Renault ne négligeant pas les livraisons aux loueurs de courte durée, aux agents et concessionnaires… pour faire tourner les usines, même si cela n’apportait pas le moindre euro dans la marge à la fin de l’exercice. Renault a vu ses ventes être portées par la très bonne tenue du Duster, mais aussi des voitures électriques, notamment la Zoé, qui en est à sa huitième année de commercialisation mais qui bat des records, au fur et à mesure du développement des incitations à l’achat de voitures électriques un peu partout en Europe.


Le plongeon brésilien n’a pas aidé Renault.

Les ventes ont été divisées par deux au Brésil au troisième trimestre, mais en Russie, il y a eu une petite hausse de 4,5 %. Pour la première fois, la comparaison ne se fait pas avec des chiffres en Iran, qui ont disparu progressivement tout au long de l’année 2019. Pour le moment, chez les concessionnaires, le flux de la clientèle vient de produits encore conçus pendant l’ère de Carlos Ghosn, notamment la Clio de cinquième génération, la Captur de deuxième génération, y compris dans les versions hybride léger ou hybride rechargeable. Il en est de même pour la future Sandero, qui va arriver chez les concessionnaires et agents un peu partout en Europe dans les jours à venir, qui est basée sur une version simplifiée de la plate-forme CMF de Renault-Nissan. En ayant frôlé la sortie de route, Renault et Nissan font mieux que se parler actuellement, ils travaillent main dans la main, et cela se voit sur le plan produits. La future Megane électrique qui sortira avant l’équivalent Renault issu de la Nissan Ariya, montre bien que Renault sait maintenant se comporter correctement avec sa filiale, reconnaissant à Nissan le leadership sur la présentation des véhicules électriques de segment C, mais utilisant l’intégralité des fruits de la R & D Nissan dans les produits de la gamme Renault.


Bientôt, le “plan à horizon 2029”.

Il va en être de même pour le futur Kadjar, qui remplacera l’actuelle version. Renault va présenter en janvier prochain son plan à horizon de huit ans, avec bien sûr des étapes intermédiaires, qui ne seront pas annuelles mais bisannuelles. Dans l’automobile, l’échelle de temps c’est effectivement huit ans, et il faudra de nombreuses années pour que Renault modifie complètement son approche produits, remonte en gamme, et assoit sa crédibilité dans la remontée en qualité, déjà entamée. Après avoir perdu beaucoup d’argent au premier semestre, selon mes informations, Renault va sortir un résultat positif au S2, avec vraisemblablement un flux de trésorerie positif. Ce n’est que du provisoire, la volatilité des ventes de Renault tient à l’internationalisation de son spectre, l’Europe représente environ la moitié des ventes, le reste du monde l’autre moitié. La bonne surprise, dans l’industrie automobile, cela aura été la publication des chiffres trimestriels de Fiat Chrysler Automobiles. Le groupe américano-italien a dégagé une rentabilité particulièrement forte, signe qu’il aborde la fusion avec PSA dans d’excellentes conditions financières. Sur les mois de juillet août et septembre, le bénéfice avant impôts et intérêts (EBIT) a été de 2,28 milliards d’euros. C’est au double de ce que prévoyaient les analystes financiers.

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