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Une députée qui entend rester libre...
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Agnès Thill, députée de l’Oise : « Aujourd’hui, la loi du nombre fait droit et l’on s’éloigne dangereusement de l’État de droit. »
Agnès Thill est députée de l’Oise et ses positions sont maintenant connues de nombreux Français, notamment depuis son opposition à la PMA et son exclusion très médiatisée de La République en Marche. Elle raconte les coulisses de la vie politique dans son dernier livre, intitulé « Tu n’es pas des nôtres », où elle révèle la face cachée du nouveau monde promis par Emmanuel Macron.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment réagissez-vous à l’allongement de 12 à 14 semaines du délai légal de l’avortement ?
Agnès Thill : D’abord, je pense que c’est un sujet que l’on ne doit pas balayer en une journée lors d’une niche parlementaire : à ce rythme-là, ils nous présenteront l’euthanasie et ce sera balayé en une journée ! Encore plus vite que le temps législatif programmé que nous avions pour la bioéthique... La majorité présidentielle a pu faire passer tout ce qu’elle voulait. On va nous dire qu’il y a la séparation des pouvoirs et que le président de la République ne le voulait pas, mais le président sait bien faire ce qu’il veut de sa majorité quand il veut en faire ce qu’il veut. Sinon, nous avons vraiment affaire à une majorité d’individus immatures qui ont joué les enfants très obéissants. On les traitait de moutons, maintenant ils sont devenus un peu plus rebelles et ils n’obéissent plus au président. Donc, cela signifie que nous sommes gouvernés par des gens d’une immaturité impressionnante. Ce délai a été allongé et cela ne sert à rien. Ce n’est pas pour cela que les femmes allaient à l’étranger. On nous dit qu’il y en aurait 3000, mais le ministre lui-même dit qu’il ne sait pas d’où ce chiffre sort. Or, ce serait 400 femmes...
Je crains que cela n’ait l’effet contraire. En 2001, lorsque l’allongement du délai de l’IVG a été voté, il y a eu une chute de 30 % des professionnels de santé pour pratiquer cette IVG. Ce sera la même chose et les femmes auront encore moins accès à l’IVG, parce que l’acte est encore moins anodin. Au bout de neuf semaines, ce n’est plus un embryon, mais un fœtus, et, à 14 semaines l’ossature est faite. Il a des doigts, le sexe du garçon est là, on peut le voir, il a des poings et il peut sucer son pouce. Donc, ce n’est pas une aspiration aussi facile qu’à 10 semaines. Il faut écraser, il y a un vrai curetage de l’utérus, ce n’est plus du tout la même opération. D’ailleurs, il y a beaucoup de médecins qui ne veulent pas la pratiquer. Ils ont retiré la clause de conscience, ils ont retiré les délais de réflexion... On a mal pour la loi de Simone Veil qui avait fait un texte équilibré. Il suffit de regarder les messages d’Albane Gaillot sur les réseaux sociaux, elle dit : « On a gagné, chouette… » comme si c’était un match de football. On parle d’interruption volontaire de grossesse, cela veut dire que la femme est enceinte, or elle présente ça comme s’il s’agissait d’un match de foot.
Justement, entre 12 et 14 semaines, on peut connaître le sexe de l’enfant et, puisque l’on parle beaucoup de séparatisme en ce moment, ne peut-on craindre qu’il y ait chez certains séparatistes une volonté de se débarrasser de l’enfant quand c’est une fille ?
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