Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Paris toujours dans l’expectative

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

L’indice Cac 40 a toujours autant de mal à s’extirper de son canal baissier secondaire dont il avait rebondi sur le support de 4.666 points en séance du 25 septembre. Depuis, son retour au-dessus de sa MM200 située près de 4.885 points est tout de même encourageant mais pas encore suffisant pour lui ouvrir la route de la rédemption. Pour ce faire, il lui reste beaucoup de pain sur la planche à commencer par un test de débordement de la résistance de ce canal qui ne passe plus désormais qu’autour de 5.080 points. Or, l’indice parisien peine même à repasser le seuil psychologique des 5.000 points. La méfiance des investisseurs étrangers vis-à-vis de la Bourse de Paris persiste plus que de normale. Pendant ce temps-là, en France, on doit trouver impérativement de l’argent, beaucoup d’argent, pour renflouer au moins la Société Générale dont les grandes difficultés sont de plus en plus difficiles à masquer. Pendant ce temps-là, les grandes banques américaines qui avaient pris grand soin de consolider leurs fonds propres depuis la leçon de la crise des « sub-primes » de 2008, engrangent actuellement des bénéfices records sur les marchés financiers.

Par ailleurs, l’installation de la pandémie en Europe et la forte reprise de sa propagation inquiètent curieusement davantage en France qu’ailleurs. En Allemagne par exemple, l’indice Dax de la Bourse de Francfort n’est plus qu’à deux petits pas de ses records historiques de février. Ce n’est donc pas la raison principale de l’atonie de la place de Paris. Plus le temps passe, plus il devient clair que le système bancaire français pose un problème de fond dont il va falloir s’occuper de toute urgence pour rétablir la confiance des investisseurs internationaux. Sur le plan technique, la route est longue, très longue, qui sépare les niveaux actuels du Cac 40 des 6.100 points sur lesquels il évoluait en février, c’est-à-dire juste avant l’éclatement de la crise sanitaire. Pourtant, en d’autres temps, l’énorme bulle spéculative qui règne actuellement sur le Nasdaq et ses GAFAM aurait grandement profité aux valeurs françaises depuis belle lurette. Mais ce n’est guère le cas actuellement, à part quelques rares valeurs en situation spéciale et celles du secteur du grand luxe, y compris celui de la toile cirée.

Justement, lorsqu’une situation spéciale surgit à l’instar de Suez ou Lagardère, les cours remontent très fortement. L’exemple de Lagardère qui passe de 8,00 euros à 28,50 euros est un signe que les valeurs françaises traditionnelles sont encore notoirement sous-évaluées. Le bon côté des choses, c’est qu’elles sont toutes à de rares exceptions susceptibles d’être attaquées sur leur capital. Cela est d’autant plus probable que leurs concurrentes étrangères jouissent de capitalisations boursières extrêmement élevées, notamment outre-Atlantique. Les candidats prédateurs ne manquent donc pas, ils attendent juste la fin de la pandémie pour passer à l’action car il est plus facile de mettre la main sur une proie à la sortie de la crise que pendant. Sur le plan technique, rappelons que le prochain signal de hausse sur le Cac 40 se trouve juste au-dessus des 5.080 points en cas de débordement.

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