Droit de vote à 16 ans : un député MoDem lance le débat.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Richard Ramos, député MoDem du Loiret : « Il ne faut pas laisser les jeunes entre les mains des réseaux sociaux, car actuellement ils se fabriquent une pensée uniquement à travers les réseaux sociaux. »

Richard Ramos, député MoDem du Loiret, est connu pour ses différents combats en faveur de nos traditions culinaires. Il a défendu l’appellation AOP du camembert au lait cru et il plaide pour que la baguette de tradition française soit inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, au même titre que la pizza napolitaine ou la bière belge. Cette semaine, le parlementaire fait parler de lui sur un tout autre sujet : le droit de vote à 16 ans. Alors que certains estiment encore que l’abaissement en 1974 du droit de vote à 18 ans a été une erreur, Richard Ramos a soutenu en commission des Lois une proposition dans cette voie. Pour lui, c’est le sens de l’histoire et même s’il a conscience que son texte n’aboutira pas, il souhaite quand même ouvrir un débat sur l’engagement des jeunes dans la vie politique.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous ouvrez le débat sur le droit de vote dès l’âge de 16 ans. Pourquoi vous intéressez-vous à ce thème, alors que nous avons quand même d’autres priorités en cette période ?

Richard Ramos : À chaque fois que vous faites quelque chose, on vous dit que ce n’est pas le moment... Donc il faut arrêter d’aller marcher, il faut arrêter de manger... Il ne faudrait plus rien faire… Ce petit virus doit donc nous empêcher de penser à l’évolution de notre société et, peut-être même, de notre société d’après. Évidemment, il faut traiter les problèmes d’aujourd’hui, mais la politique, c’est préparer demain. On peut me dire que c’est un débat très anecdotique en ce moment, cela peut l’être aux yeux de certains, mais il ne faut pas que tout tourne autour de la Covid, même si c’est très important. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une crise sanitaire qui entraîne une crise sociétale, puis, demain, une crise sociale et, après-demain, une crise démocratique. Il faut donc anticiper cette crise démocratique et j’ai la conviction que les partis politiques traditionnels ont été dans l’incapacité de parler à la jeunesse, à part Europe Ecologie - Les Verts mais sous une forme de mensonge.

Les partis traditionnels n’ont pas été capables de parler à la jeunesse, alors que la jeunesse a une conscience. Et une conscience politique. Il est faux de dire que la jeunesse française n’a pas de conscience politique. La jeunesse ne s’intéresse pas à la politique, certes, mais c’est quand même la jeunesse qui nous a obligés à regarder la Terre qui brûle et l’on a réduit la jeunesse à aller nettoyer des canettes de Coca-Cola dans les fleuves français... Je n’ai pas vérifié ce chiffre, mais on m’a dit que lors des récentes législatives partielles, une personne a été élue députée avec 4 % du corps électoral ! Cela signifie bien que la démocratie est malade. Quand vous êtes malade, il faut se soigner très tôt et utiliser de bons produits très tôt. Donc, quand la démocratie est malade, c’est la jeunesse qui fera la démocratie de demain et plus on les fera rentrer tôt dans la démocratie, mieux ce sera. On ne va pas obliger les jeunes à aller voter, mais ceux qui voudront s’exprimer pourront le faire.


Nos expériences personnelles nous amènent à comprendre progressivement certaines choses alors que, lorsque l’on est jeune, on éprouve des sentiments généreux sans se rendre compte de la responsabilité que cela entraîne… Concrètement, on ne peut pas reprocher à un jeune de 16 ans de soutenir qu’il faut taxer les riches pour redistribuer l’argent aux pauvres, ou accueillir tous les migrants, parce qu’il n’est pas en mesure de comprendre les tenants et les aboutissants de tout cela…

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