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Immobilier : les pièges se referment.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 16 octobre 2020 (numéro 1.059) : “Télécoms : fin de l’eldorado”. Bonne lecture !!!
Bruno Le Maire, toujours en grande veine lorsqu’il s’agit de flatter le président de la République, a proclamé récemment « promesse tenue : plus de 80 % des foyers seront exonérés de taxe d’habitation en 2020 ». Pour les propriétaires, la conséquence de cet acte démagogique, c’est une soupe à la grimace avec presque de la ciguë à l’intérieur.
En effet, un peu partout en France, les communautés de communes ou d’agglomérations ont augmenté de façon drastique les taxes foncières qui touchent les propriétaires, alors que les communes n’ont pas baissé leur taux, les collectivités locales n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre et ont davantage de demandes, du coup, à la place de taper sur deux contribuables, locataire et propriétaire, les élus concentrent leurs coups contre les seuls propriétaires, qui n’en peuvent plus des taxes confiscatoires.
L’immobilier est imposé triplement sur le capital : à l’achat, impôts fonciers et IFI.
On se souvient que si l’essentiel de l’ISF a été supprimé au début du quinquennat, après avoir été lourdement aggravé au cours des mandats précédents, ce qui entraîna une fuite de capitaux estimée à plus de 1.000 milliards d’euros qui sont allés prospérer ailleurs qu’en France, il y a eu maintien d’une taxation de ce que l’on a appelé indûment la « fortune immobilière », avec un seuil de déclenchement de la taxe qui commençait avec l’appartement familial situé à Paris, devenu une sorte de bien rare, par l’inflation outrancière des tarifs. Selon le fisc, on est ultra-riche à partir de la détention d’un appartement composé d’une salle de bains, d’une cuisine, d’une salle à manger, d’un petit bureau et de trois chambres.
C’est une vue de l’esprit, mais c’est une réalité du système fiscal confiscatoire, un troisième impôt sur la fortune immobilière étant constitué des frais improprement appelés « de notaire » qui sont des droits d’enregistrement très significatifs appliqués lors de chaque achat. Là encore, si l’Etat a gardé sa part inchangée, les collectivités locales ont très régulièrement augmenté la proportion sur les achats de biens. Le marché immobilier est à un tournant. Les volumes de vente reculent, même si les chiffres qui sont publiés par les agences immobilières ou les notaires montrent des records qui sont importants, il ne faut pas oublier que certaines transactions faussent la moyenne, avec des prix énormes, comme pour l’achat d’un hôtel particulier proche de la Tour Eiffel par le roi du Maroc, pour 80 millions d’euros, à un émir arabe, lequel achat va peser de tout son poids dans la moyenne des prix du 7e arrondissement qui sera publiée pour la fin de l’année 2020.