Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

La politique monétaire de la BCE dans un cul-de-sac ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Malgré la forte hausse de ce lundi, la Bourse de Paris reste fortement chahutée et tangue à vue à chaque petite faiblesse des marchés américains. C’est très difficile à comprendre et surtout à avaler sachant que même en Allemagne, l’indice Dax se retrouve actuellement pas bien loin de ses anciens records historiques du mois de février. Si à cela, on ajoute que l’essentiel de la reprise du marché français est le fait quasi exclusif des valeurs du luxe, c’est encore plus difficile à comprendre. Heureusement que des valeurs comme Lvmh, Hermès et Kering battent encore pavillon français ! Sans nos champions du luxe, l’indice Cac 40 serait en ce moment même bien en dessous des 4.000 points ! Jadis, les valeurs bancaires jouaient un rôle très important dans la performance de l’indice de référence mais aujourd’hui, celles-ci le plombent littéralement. Il n’y a qu’à observer l’évolution catastrophique des cours de la Société Générale pour comprendre que quelque chose de grave couve sur cette banque systémique. Natixis s’est également effondrée en Bourse alors que la BNP-Paribas et le Crédit Agricole semblent résister à peine. Est-ce la politique de la BCE à taux négatifs et de plus en plus bas qui aurait tant affaibli l’ensemble du secteur bancaire de la zone Euro ? Si tel était le cas, cela signifierait que le moment de revenir à des taux positifs et normalisés se rapprocherait donc.

Or, un tel revirement de bord de la politique monétaire provoquerait à coup sûr un krach obligataire encore plus dangereux pour les banques dont les actifs obligataires souverains se comptent en centaines de milliards d’euros ! A force d’avoir navigué à vue, l’honorable institution semble aujourd’hui prise au piège d’un cul-de-sac. Toutefois, cette hypothèse semble contredite par la relative bonne santé des bourses allemandes. Pour le moment, de façon factuelle, ce qui pose le plus problème c’est ce retard lancinant et agaçant des valeurs industrielles françaises qui restent pourtant très compétitives au niveau de la concurrence internationale. On observe néanmoins quelques tentatives de réveils par a-coups à l’instar d’ArcelorMittal ou de Peugeot, Faurécia, Saint-Gobain ... Mais sur la plupart de ces valeurs, on reste très loin du compte même en prenant compte d’une éventuelle phase de reconfinement à venir.

Sur le plan technique, les indices US repartent fortement à la hausse après une période correction marquée par le retour des incertitudes chez les investisseurs institutionnels concernant les mastodontes du Nasdaq. A la Bourse de Paris, l’indice Cac 40 a récemment cassé à la baisse la ligne de support de sa figure de consolidation en forme de triangle fermant située autour de 4.850 points. Cette phase de consolidation semblerait plutôt se dérouler désormais dans un canal secondaire baissier avec une ligne de support passant vers 4.700 points comme le confirme le fort rebond de ce lundi. On notera toutefois que la MM200 reste encore sur une pente baissière au contraire des indices américains et allemands dont les MM200 respectives ont retrouvé des pentes ascendantes. Du point de vue technique, c’est justement cette divergence baissière à Paris qui continue de poser problème. Est-ce seulement passager ou est-ce durable ?

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