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L’affaire Bridgestone met en lumière la surfiscalité française.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Julien Dive, député LR de l’Aisne : « Les aides sont en quelque sorte des pansements que l’on met en place parce que l’on n’arrive pas à être compétitif sur le plan fiscal et sur le coût du travail. »
La classe politique se mobilise autour de l’affaire Bridgestone après l’annonce de la fermeture du site de Béthune. Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, assure qu’il fera tout pour sauver l’usine mais, au fond de lui-même, il sait très bien que l’affaire est pratiquement pliée. D’ailleurs, personne n’est dupe. On peut parler de bras d’honneur de la part des Japonais, or, en fait ce sont les politiques français et la technostructure qui font des bras d’honneur en permanence aux entrepreneurs et aux industriels en multipliant les lois, les charges, et les impôts. Le député Julien Dive suit de très près cette affaire et, lors de la séance de questions au gouvernement du 22 septembre dernier, il a interpellé le Premier ministre en demandant que les aides touchées par Bridgestone soient remboursées… Les Japonais répondent que c’est l’État qui fait la carpette en donnant des aides que personne ne demande, en réalité, c’est à la France d’être attractive... C’est le fond du problème que nous évoquons avec Julien Dive cette semaine.
L’Hebdo-Bourseplus : L’affaire de la fermeture de Bridgestone secoue la classe politique. Le problème ne réside-t-il pas, encore et toujours, dans le fait que la France n’est pas un pays attractif, tant il y a de charges…
Julien Dive : Bien entendu, le problème est là. Le gouvernement s’est gargarisé d’une augmentation des IDE (Investissements directs étrangers) depuis deux ans, mais en réalité la France est attractive de manière épisodique, lorsque des avantages fiscaux sont mis en place. Autrement, sur du long terme, nous avons le problème des coûts des charges et c’est le boulet de notre économie. Nous avons des charges beaucoup trop lourdes et il faut fournir un effort. J’ai titillé le Premier ministre en lui demandant de revoir notre modèle d’accompagnement économique car, bien entendu, il faut mettre des moyens pour aider nos entreprises, comme ce que l’on fait avec les zones franches ou le CICE.
Ce sont des outils essentiels pour rivaliser avec les pays où le coût du travail est bas. Simplement, dans une situation comme celle que l’on voit à Béthune, ou ailleurs, y compris dans mon village, à un moment donné, quand les groupes n’ont pas joué le jeu, il faut qu’ils rendent l’argent : on les a aidés, ils n’ont pas joué le jeu, donc ils doivent rendre l’argent. C’est pour cette raison qu’il faut durcir le discours. Il n’y a pas de soucis pour accompagner les entreprises et alléger les charges, mais le jour où les règles ne sont pas respectées, elles doivent rembourser.
Derrière tout cela, il y a la question majeure de la réindustrialisation de la France qui est très à la mode depuis le confinement. Cela signifie que l’on ne va pas pouvoir attirer d’autres entreprises tant que l’on n’aura pas mis à plat notre modèle, quitte à stopper toutes les aides qui ne profitent qu’aux chasseurs de primes, mais en mettant en place un modèle vraiment attractif…
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