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Stellantis : PSA plus FCA, cela fait combien de bénéfices ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 2 octobre 2020 (numéro 1.057) : “Unibail (et les autres) en danger de faillite ?”. Bonne lecture !!!
Nous connaissons bien, du moins je l’espère, les chiffres de Peugeot, qui se sont arrondis tranquillement au fur et à mesure des années, grâce notamment au rachat des activités européennes du groupe General Motors. PSA est passé de 54 milliards d’euros de CA en 2016 à presque 75 milliards en 2019, il y aura une baisse logiquement en 2020, du fait du coronavirus et de la fermeture pendant plus de deux mois des concessions et des usines, mais cela ne changera rien à l’affaire, PSA a réduit de façon tellement forte son point mort que le résultat opérationnel comme le résultat net resteront positifs.
Entre 2016 et 2019, malgré l’absorption d’Opel qui était lourdement déficitaire au moment du rachat, le résultat opérationnel, après déduction des provisions impressionnantes sur des activités chinoises en fort recul, est pourtant monté de 2,61 à 4,67 milliards d’euros, c’est brillant, et le résultat net part du groupe a presque doublé, montant de 1,73 milliard en 2016 à 3,2 milliards en 2019. Fiat Chrysler Automobiles (FCA), pour sa part, avait connu une forte croissance au début des années 2010, avec l’absorption des marques nord-américaines de l’ancien groupe Chrysler, sauvé de la faillite par l’administration Obama qui l’avait nationalisé provisoirement en 2009.
FCA a besoin des techniques de PSA.
La dimension du groupe FCA s’est légèrement réduite avec la vente d’un certain nombre de filiales, dont Magneti-Marelli, et la séparation d’avec Ferrari. Les comptes n’ont pas été aussi brillants sur la période 2016-2019 que ceux de PSA. Le CA a légèrement baissé tombant de 111 milliards d’euros à 108,19 milliards environ, le résultat opérationnel a suivi le mouvement, tombant de 5,122 milliards à 4,802. Pour le résultat net, il n’est pas comparable, puisqu’il y a eu des cessions avec l’extériorisation de plus-values significatives. Hors année exceptionnelle telle qu’on a pu la vivre en 2020, l’ensemble conjugué FCA et PS A représente un numéro 4 dans l’industrie automobile mondiale, avec un grand nombre de marques (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall pour l’un et Abarth, Alfa Romeo, Chrysler, Dodge, Fiat, Fiat Professional, Jeep, Lancia, RAM, SRT et Maserati pour l’autre). PSA n’est pas présent en Amérique du Nord pour l’instant, cela tombe bien, plus des deux tiers du CA de FCA viennent de ce continent. Le groupe PSA est peu présent en Amérique du Sud, cela tombe bien là aussi, c’est un des points de force du groupe d’origine italienne. PSA, même s’il y a eu une percée au cours des dernières années tant des marques Peugeot que Citroën sur le marché italien, récupérera une domination du marché italien de même qu’il a pu se renforcer sur le marché allemand en acquérant Opel. En Allemagne, FCA réalise 2,5 milliards d’euros de CA, c’est un peu moins que le CA réalisé en France. Toutes les marques de PSA sont des machines à cash, chez FCA, il y a des marques qui sont plus ou moins brillantes, Abarth a une diffusion modeste mais c’est une activité rentable, Fiat et Fiat Professional sont tout juste à l’équilibre, Jeep est une activité rentable, RAM est une activité ultra-rentable.
Deux plate-formes “magiques” et modernes pour remplacer les vieilles bases.