Comment éviter le phishing en télétravail ?

AVIS D’EXPERT

✍️ Par Stéphane Prunier, responsable BU infra & Cloud du groupe Ténor.

Après la période de crise sanitaire que nous venons de passer, la plupart des collaborateurs ont repris le chemin des bureaux. Cette période nous a permis de développer le télétravail. En effet, plusieurs entreprises ont décidé sur plus ou moins long terme d’accorder des temps de télétravail à leurs collaborateurs. Cependant, les collaborateurs étant à distance, une hausse des cyberattaques est possible. Ainsi, selon Orange Cyberdéfense, les cyberattaques ont augmenté de 20 à 25 % depuis le début de l’épidémie de COVID 19 (au mois de mars). Parmi elles, le phishing semble se positionner comme l’une des principales menaces. L’hameçonnage/phishing est une technique utilisée par les fraudeurs pour obtenir des informations personnelles. Le moyen utilisé est l’usurpation d’identité. En effet, l’attaque repose le plus fréquemment sur la contrefaçon d’un site internet et d’un mail (celui d’une banque, d’un site marchand, d’une administration, etc.).

Le fraudeur tente généralement d’entrer en contact avec sa cible avec un mail ayant un objet alarmiste : « Votre compte va expirer », « Vous venez d’effectuer un achat », etc. Ces mails semblent venir d’une source fiable et de confiance pour la cible (banque, impôts, administration, opérateur téléphonique, etc.) et invitent à télécharger une pièce jointe présentée souvent comme une facture ou à cliquer sur un lien renvoyant vers un site contrefait. Il existe de très nombreux types d’attaques, qui évoluent avec le temps et les technologies disponibles, et qui peuvent être plus ou moins élaborés en fonction de la cible, et de l’enjeu.

En effet, il existe des attaques ciblées, avec des moyens spécifiques mis en place pour piéger la ou les victimes, et des attaques « de masse », pour obtenir un faible pourcentage de réussite en attaquant un très grand nombre de victimes. Le phishing est un type d’attaque particulier qui tente de récupérer des informations sur votre entreprise, sur vous, ou toute information sensible. Évidemment les pirates essayent en priorité de dérober de l’argent, mais pas que… cela peut aussi être un compte qui a un accès à des documents confidentiels, des relations sur les réseaux sociaux, etc.

Il n’est pas rare de se faire hameçonner à cause d’un site internet contrefait. Ces derniers touchent en priorité les établissements bancaires et les sites d’e-commerce. L’une des pratiques les plus utilisées est le domaine dit « typosquatté ». Dans ce cas, le nom d’un site à fort trafic est mal orthographié. Attention, le petit cadenas vert présent dans le navigateur, lorsque vous faites un achat par exemple, garanti simplement que la communication entre votre navigateur et le site est chiffrée, mais en aucun cas que le site est « de confiance ». Tout comme les sites Internet, les emails peuvent être détournés dans le but d’hameçonner les utilisateurs. Il n’est pas rare que le nom d’une entreprise ou d’une institution soit détourné. Ces emails peuvent prendre un caractère alarmiste.

Les objets de ces emails peuvent par exemple être « Votre compte expire bientôt » ou « Veuillez confirmer votre identité ». Les emails frauduleux peuvent aussi provenir d’une source de confiance théorique comme la CAF, l’Assurance Maladie ou encore le Centre des Impôts. Pour les entreprises, cela peut être un FAI tel que Orange ou Free, un prestataire de nom de domaine type OVH, ou tout autre organisme lié à un service de la société, qui peut aisément être récupéré. Dans le même esprit, le « spear phishing » vise une personne ou une entreprise en particulier dans le but bien sûr de le faire cliquer sur un lien contenu dans l’email reçu puis de lui voler des données. Nous sommes donc dans le cadre d’une attaque ciblée.

Les fonctions clés des entreprises sont visées, grâce à Linkedin et Viadeo par exemple, avec les DAF, RAF, Comptables, DG, PDG, DSI, etc.

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