Il ne faut pas enterrer trop tôt les dividendes.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 25 septembre 2020 (numéro 1.056) : “Stellantis, PSA + FCA : combien de bénéfices ?”. Bonne lecture !!!

Lorsque Chargeurs a annoncé ses résultats des six premiers mois de 2020, qui étaient brillantissimes (28,9 millions d’euros de résultat net contre 8,3 millions un an auparavant, avec un résultat opérationnel fortement amélioré puisque la marge est montée de 7 à 11,5 % du CA (59,5 millions d’euros de résultat opérationnel sur 518,5 millions de CA trimestriel)), le groupe s’est empressé de dire que le dividende qui était prévu au titre de l’exercice 2019 serait bien versé et il l’a été le 16 septembre, à hauteur de 0,28 euro par action. Cela contraste avec toutes les entreprises qui gardent par-devers elles les résultats, même lorsqu’ils sont brillants. L’assureur Axa, pour sa part, est moins formel, mais promet un versement de dividende, même amoindri, pour rémunérer ses actionnaires.


Total va maintenir son coupon, malgré le pétrole pas cher.

Chez Total, chaque trimestre, un acompte ou un solde de dividende est payé, l’entreprise n’a pas du tout envie de descendre aux enfers de la Bourse. Au cumul annuel, cela représente 2,72 euros pour un cours de 32 euros, on peut dire que l’action Total est un grand rival du Livret A de la Caisse d’Epargne ! 8,5 % de rendement brut, c’est mieux que 0,5 %, en net de tout impôt, à supposer que l’on soit assujetti au prélèvement forfaitaire de 30 %, l’action Total offre actuellement un rendement de l’ordre de 6 %, bien mieux que toutes les escroqueries qui vous sont présentées par les margoulins du marché. L’écrasement des cours de Bourse fait croire que beaucoup d’entreprises vont supprimer leurs dividendes dans les années à venir, alors que traditionnellement elles offraient un rendement particulièrement attractif. Il n’en est rien. Des entreprises telles que Carmila ou Mercialys, respectivement société foncière dans le giron des groupes Carrefour et Casino sont obligées, statutairement, à distribuer l’essentiel de leur résultat. On peut donc considérer que même s’il sera amoindri au titre de 2020, le dividende restera. La plupart des observateurs considèrent que le dividende sera ramené à 1 euro pour Carmila, ce qui offre quand même 11 % de rendement, et il sera ramené à 80 centimes minimum pour Mercialys soit un rendement proche de 15 %, ce qui est quand même du spectaculaire, même si c’est du brut avant impôt. Après impôt, on est à vingt fois le rendement du Livret A !


Vingt fois le rendement du Livret A.

La société immobilière Nexity n’est pas exactement dans la même situation puisqu’elle a une activité mixte de promotion immobilière (le carnet de commandes assure un CA stable en 2020 et donne une assez bonne visibilité sur 2021), et une activité de gestion, sans oublier bien sûr les transactions immobilières à travers les agences Century21. Nexity ne va pas tomber dans une situation de pertes, et sa structure capitalistique l’oblige à verser un dividende régulier, afin de rémunérer les cadres qui sont devenus actionnaires. Nexity offre un rendement brut de l’ordre de 7 % sur le dividende estimé à devoir être versé en 2021 au titre de 2020, et il est vraisemblable que si la situation s’améliore, le dividende sera remonté plus ou moins rapidement vers les 2,70 qui furent distribués au titre de 2019. Même si les entreprises de distribution de programmes satellitaires (vidéo, télévision par satellite…) que sont Eutelsat et SES Global ont une position désormais déclinante, et qu’il n’est plus question d’avoir la générosité du passé, afin de réduire leur endettement, Eutelsat comme SES Global doivent impérativement fidéliser leur actionnariat, le dividende de SES a été réduit à 40 centimes au titre de 2019 et sera maintenu au titre de 2020 comme au titre de 2021.

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