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Knight Frank présente les tendances pour le marché immobilier des commerces
IMMOBILIER
✍️ Par Nicolas MIGUET
Knight Frank dresse un nouveau point d’étape sur l’état du marché immobilier des commerces depuis le déclenchement de la crise sanitaire. Quatre mois après la fin du confinement, la situation est loin de s’être normalisée. Mais si les indicateurs négatifs ne manquent pas, les derniers mois ont aussi rassuré sur le désir des Français de retourner en magasin et sur la capacité des enseignes à adapter leur offre à la demande et aux besoins des consommateurs : « À la fin du confinement, la réouverture progressive des magasins a été rapidement suivie d’un rebond de la consommation. Celle-ci a même retrouvé en juin un niveau quasi normal, même si la reprise a été très inégale, certaines catégories de produits bénéficiant d’un rebond important (équipement du foyer) quand d’autres ont connu un redémarrage bien plus poussif (habillement). La rentrée, période habituellement clé pour la consommation, s’annonce donc décisive, dans un climat toujours défavorable du fait du manque de visibilité et de la menace persistante d’un choc économique de grande ampleur ».
Le rapport indique que « si la hausse des défaillances d’entreprises et les destructions d’emplois ont pour l’instant été contenues, les prochains mois s’annoncent difficiles pour les enseignes. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, plusieurs acteurs historiques du commerce français, pour la plupart déjà en difficulté avant la crise, ont d’ailleurs fait l’objet de procédures de sauvegarde ou de redressement ». Antoine Grignon, directeur du département commerces chez Knight Frank France, indique : « Sur les quelque 2 500 points de vente d’enseignes pour lesquels une offre de reprise a été acceptée par les tribunaux, 70 % environ doivent être sauvés. Les cessions concerneraient donc près de 800 magasins, fournissant nombre d’opportunités d’implantation à des enseignes désireuses de se développer à moindre coût ».
Notons que les fermetures ne concernent pas uniquement les enseignes ayant fait l’objet d’une procédure. Nombre d’acteurs souhaitent ainsi réduire leurs coûts en se délestant de leurs magasins les moins rentables. Cette stratégie de rationalisation s’accompagne le plus souvent d’un accroissement des investissements réalisés sur le web, dans tous les secteurs d’activité et quels que soient les niveaux de gamme. Si le confinement a donné un coup d’accélérateur aux ventes en ligne, le offline n’est pas pour autant délaissé : « Le point de vente physique reste un canal stratégique, qui contribue au succès des enseignes en leur permettant par exemple de mieux connaître leurs clients, d’adapter leur offre aux nouvelles attentes des consommateurs, mais aussi d’accompagner l’essor des ventes du e-commerce grâce au click & collect. Le manque de visibilité lié au virus et la nécessité pour les enseignes de maîtriser leurs coûts expliquent également l’accroissement des collaborations entre marques sous la forme de shop-in-shops, de même que la tendance des enseignes à opter de plus en plus fréquemment pour des baux précaires » explique Antoine Grignon.
Bien sûr, ces tendances ne sont pas nées avec l’épidémie de Covid-19, mais les conditions de marché créées par la crise sanitaire ont accéléré une transformation à l’œuvre depuis quelques années : l’hybridation croissante du commerce et la multiplication des canaux de distribution. Le commerce physique est donc toujours vivace, mais sous des formes bien plus variées qu’auparavant. Si nombre d’enseignes sont en difficulté, d’autres tirent par ailleurs leur épingle du jeu parce qu’elles répondent aux préoccupations actuelles des Français (discount, bien-être, etc.) ou aux changements structurels des modes de vie et d’achat.
L’expansion de ces enseignes permet ainsi d’animer le marché des commerces malgré la crise sanitaire, comme illustré par la multiplication de nouveaux concepts dans des domaines comme le sport, les loisirs, l’écomobilité ou l’alimentation. Enfin, plusieurs DNVB (Digitally Native Vertical Brands) accroissent également leur présence physique, à la faveur de premières ouvertures de boutiques (Horace, rue Vieille du Temple à Paris) et de la poursuite du développement de marques déjà bien implantées comme Lunettes pour Tous, Balibaris ou Oh My Cream.
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