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Les tendances du marché immobilier en cette rentrée.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com : « L’incertitude qui règne en ce moment sur le plan économique et social continue de pousser vers la pierre. »
Meilleurtaux.com vient de dresser l’état des lieux du marché immobilier. L’étude indique une baisse de 18 % des demandes de crédit immobilier par rapport à 2019 (hors période de confinement), une hausse de 30 % des demandes sur juin 2020 par rapport à juin 2019, une légère élévation des taux pendant la durée du confinement, puis une stabilité. Par ailleurs, 50 % des barèmes appliqués se situent sous la barre des 1,50 % et 50 % des demandeurs de crédit ont moins de 35 ans. Enfin, 37 % des acquéreurs disposent de moins de 5 % d’apport. Créé en 1999, le groupe Meilleurtaux est devenu le comparateur et le conseil de référence pour les crédits, assurances et placements au service des Français et de leur pouvoir d’achat. Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment analysez-vous le marché immobilier en cette rentrée ?
Maël Bernier : La demande de financement est restée très dynamique, avec un mois de juin exceptionnel, car c’était le mois de rattrapage par rapport à la période de confinement. Donc, ce n’est pas forcément révélateur. La tendance en juillet et août est équivalente à 2019, même si c’est légèrement en baisse. Les trois prochains mois seront assez révélateurs. Ce qui est positif, c’est que l’on voit que la demande ne faiblit pas sur toutes les catégories de la population : on a des demandeurs très jeunes, des moins de 35 ans, des gens qui n’ont pas beaucoup d’apport, ou qui n’ont pas beaucoup de revenus, qui empruntent des petites sommes... C’est plutôt positif.
Les taux restent stables, puisque nous sommes dans une fourchette entre 1,30 % et 1,50 % sur 20 ans. Là où le bât blesse, c’est que ce fameux critère de 33 % d’endettement fortement recommandé par le HCSF (Haut conseil de stabilité financière) n’est pas en adéquation avec la réalité des demandes, car un tiers des dossiers concernent des gens qui dépassent légèrement ces 33 %, alors que nous finançons réellement seulement 16,9 % de gens qui dépassent ces 33 % d’endettement.
Cela signifie que ce critère est aujourd’hui le premier critère d’exclusion. Cette semaine, je viens de voir deux dossiers, un dans le Sud-Est et un autre dans le Sud-Ouest, avec des gens qui gagnent plus de 7 000 euros et auxquels on dit non parce qu’ils sont à 41 % d’endettement, car il y a un locatif et une résidence secondaire, alors qu’ils disposent de 100 000 euros d’apport.... Ce critère de 33 % d’endettement est bloquant pour des gens qui ont des faibles revenus.
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