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Le parlementaire, spécialiste des finances publiques, plaide pour une action publique décentralisée.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Gilles Carrez, député LR du Val-de-Marne : « Si l’on continue, avec maintenant l’interdiction de chauffer les terrasses, vous aurez des révoltes populaires. »
Gilles Carrez est député du Val-de-Marne depuis 1993, membre de la Commission des finances, dont il a été le rapporteur général et le président, et il est sans doute celui qui connaît le mieux la question de nos finances publiques. Pour ce numéro d’été de L’Hebdo-Bourseplus, il a accepté de nous accorder un entretien exclusif.
L’Hebdo-Bourseplus : On a beaucoup parlé du rôle, de l’efficacité de l’État, mais aussi de l’inefficacité de la haute administration, au cours de ces derniers mois. Nous sommes dans un état très centralisé et l’on voit que les décisions sont longues à appliquer sur le terrain. Cette situation vous a-t-elle amené à réfléchir sur le rôle de l’État ?
Gilles Carrez : Sur le rôle de l’État, il y a des réflexions qui sont à la fois contradictoires et complémentaires. En période de crise, on redécouvre vraiment la nécessité de l’État et, plus largement, de l’action publique. On voit bien que sur un certain nombre d’initiatives, pour lutter contre la pandémie, pour relancer l’économie, pour protéger le marché ou pour injecter de l’argent public, même dans les pays les plus libéraux - ceux qui font une confiance aveugle aux marchés – on voit l’État revenir en force. C’est le cas dans des pays très libéraux comme les Pays-Bas, l’Autriche, les États-Unis et aussi en France. En cas de crise grave, seul l’État peut être à même de garantir la continuité de la vie économique et sociale. On se rend compte que l’État est nécessaire, mais il pourrait être beaucoup plus efficace.
Cela renvoie à la question de la décentralisation, ou de la déconcentration de l’action publique. Par exemple, pour les masques, quand il s’est agi de reconnaître l’importance des masques, l’État s’est retrouvé complètement impuissant et les initiatives locales se sont révélées beaucoup plus efficaces. On a besoin de l’action publique mais, pour être efficace, cette action publique doit être la plus décentralisée ou la plus déconcentrée possible. Tout le monde est d’accord, il faut renforcer le rôle des collectivités locales, notamment des communes, et ensuite, au sein de l’État, il faut moins attendre des administrations centrales, en laissant davantage d’initiatives au niveau local autour des préfets qui représentent l’action déconcentrée de l’État. Donc, on a besoin de l’État, mais on a besoin de l’État autrement.
On est souvent dans la contradiction entre les aides publiques et les mesures qui sont prises. Par exemple, l’État veut aider le secteur des cafés et de la restauration alors que, dans le même temps, il entend leur interdire les terrasses chauffées… N’y avait-il pas d’autres priorités, puisque l’on sait que cette décision va nous coûter des dizaines de milliers d’emplois ?