Les banques françaises sont très fragiles face à la crise.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 17 juillet 2020 (numéro 1.049) : “Les endroits où l’immobilier va reculer ”. Bonne lecture !!!

Si vous avez aimé la crise de 2008 (faillite de Lehman Brothers), vous adorerez la crise de 2021 (ou 2022). Dans la période récente, après avoir annoncé un portefeuille de prêts avec garantie de l’Etat (PGE) d’un maximum de 300 milliards d’euros, dont 120 milliards environ ont déjà été distribués, pour 20 % par le Crédit Agricole et pour le solde dispersé, façon puzzle, par à peu près toutes les banques de l’hexagone, dont l’ensemble Crédit Mutuel-CIC pour un peu moins de 15 %, les Banque Populaire et Caisse d’Epargne pour un peu moins de 15 % également, le solde via les banques privées, françaises ou filiales françaises des grandes banques internationales. Sur ces 120 milliards d’euros, à supposer que l’on en reste là, combien, dans un an, sera remboursé rubis sur l’ongle, à échéance ? Rien ! Nenni ! Zéro ! Nein ! Niet ! Queues de cerises… Et encore, je suis resté dans un vocabulaire très modéré.


Pour près de 25 milliards € de PGE refusés.

Un bras d’honneur, vraisemblablement pas car dans le bankstérisme, on est poli, du moins on essaie de le faire paraître, mais dans la réalité, même après avoir refusé pour plus de 25 milliards d’euros de PGE à des demandeurs, le système bancaire français, dans un an, va mettre la dague la plus aiguisée sous la gorge des emprunteurs, afin de basculer de l’intérêt presque zéro à un intérêt dûment compté, voire précompté, de l’ordre de 5 à 8 % chaque année, qu’il sera bien évidemment totalement impossible d’assurer à terme rapide, pour les entreprises concernées. Certaines de ces entreprises auront des actifs, des fonds de commerce, des emplacements, des savoir-faire… qui aiguiseront les appétits et permettront de se rembourser « sur la bête ». Toutes ne seront point dans ce cas-là.

Le bankster sera alors fort mari, sa tentative de saisir des intérêts usuraires étant vaine, car on ne tond pas un chauve, on se retrouvera dans une faillite avec de gros dégâts, puisque, au-delà des 80 ou 90 % qui seront assumés par l’Etat, les 10, les 15 ou les 20 % qui restent du risque bancaire vont peser lourd, au moment des comptes. S’il y a, hypothèse favorable, environ 15 milliards d’euros seulement de reste à la charge des banques, cette somme va s’ajouter à tout un tas de crédits en maraude, non-payés en temps et heure, qu’il s’agisse des crédits immobiliers des particuliers qui avaient fait des pyramides afin de se constituer par effet de levier d’endettement un patrimoine loué en meublé touristique (style Airbnb), qu’il s’agisse de personnes ayant eu les yeux plus gros que le ventre et ayant décidé de s’agrandir alors qu’elles ont perdu leur emploi dans l’aéronautique, dans le tourisme, dans la restauration… il y aura des défauts sur les crédits immobiliers, tout le monde le sait, la Banque de France en tête.


La bulle immobilière va toucher les banques prêteuses.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.