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La bourse, est-ce juste une histoire de liquidités ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le degré d’interventionnisme des banques centrales et des États sur les marchés financiers n’a jamais été aussi élevé. Jadis, il s’agissait de défendre sa monnaie sur les marchés des changes pour éviter des opérations de dévaluation à l’intérieur du « serpent monétaire » qui se traduisaient toujours par une très forte hausse des taux d’intérêt, les taux courts puis les taux longs en conséquence d’une propagation mécanique. Il arrivait parfois après un krach boursier que le gouvernement intimât l’ordre à la Caisse des dépôts et consignations et aux banques publiques de l’époque d’acheter des titres en Bourse pour casser la spirale baissière. C’était ponctuel, rare et limité dans les montants mobilisés. Aujourd’hui, c’est à tir-larigot que se font les « QE », les « LTRO » et autres plans de relances avec des montants qui avoisinent désormais les 20 milles milliards de dollars au niveau de la planète.
De l’argent qui sort de partout et qui vient de nulle part juste pour essayer de tenir un système financier en situation d’écroulement. Mais pour le maintenir en état de fonctionnement, il doit toujours rester haut perché afin d’entretenir un sentiment de richesse chez les actionnaires. Chez leurs voisins les obligataires, c’est une autre chanson mais avec la même mélodie. Les banques centrales émettent de l’argent en très grande quantité afin d’acheter des titres de dette souveraine et de dette hypothécaire du secteur privé directement sur les marchés. A tel point que les prix des obligations s’envolent suffisamment pour faire ressortir des rendements négatifs.
Pour mémoire, le prix d’une obligation évolue à l’inverse de son rendement. La situation générale est telle qu’un investisseur qui a de l’argent à placer doit choisir entre des obligations à taux négatifs ou des actions dont le cours est exorbitant lorsqu’il s’agit de sociétés à la réputation solide. Il peut aussi acheter de l’immobilier qu’il aura du mal à louer à un prix correct tout en s’acquittant de taxes de plus en plus insupportables. Enfin, s’il veut juste conserver ses liquidités à la banque, il devra désormais payer pour cela, ce que font de plus en plus de banques aujourd’hui. Les possibilités de gagner de l’argent avec son capital se réduisent comme peau de chagrin. Il y a l’or bien sûr mais sa flambée a des limites dans le temps parce qu’il n’a pas de rendement et qu’il est très difficile et onéreux à stocker, y compris pour les États.
C’est assez paradoxal, mais à côté de toutes ces portes qui se referment il subsiste encore un énorme gisement de plus-values à long terme parmi les valeurs industrielles. Certes, le confinement a fait des dégâts et un nouveau confinement serait très dur à encaisser mais elles sont nombreuses les entreprises qui se sont adaptées et qui sont capables de produire correctement même en cas de nouveau confinement. Pour le moment, tous les capitaux sont irrésistiblement attirés par les valeurs du Nasdaq et du SP 500 mais le besoin de diversification ne devrait pas tarder à se faire ressentir au niveau des grands gérants. Dans ces conditions, un nouveau test de la résistance des 5.200 points pourrait intervenir à plus ou moins brève échéance avec de réelles chances de flambée en cas de succès.
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