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Le parlementaire quitte l’Assemblée nationale en lançant un cri d’alarme sur nos finances publiques.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Laurent Furst, député LR du Bas-Rhin : « Il faut passer toute la dépense publique au tamis de son utilité et de son efficacité. »
C’était la dernière intervention dans l’hémicycle, en tant que député LR du Bas-Rhin, de Laurent Furst qui a été réélu maire dans la commune alsacienne de Molsheim au premier tour des élections municipales. Lors des questions au gouvernement, il s’est adressé au Premier ministre en ces termes : « J’ai peur que le nœud coulant de la dette étrangle notre pays à la première montée des taux d’intérêt, j’ai peur qu’un jour notre pays se noie dans son océan de dettes et j’ai peur, un jour, d’un Tchernobyl budgétaire». En effet, l’aggravation de la crise a contraint le gouvernement à revoir une nouvelle fois ses prévisions et son budget pour 2020, ce qui requiert des milliards d’euros supplémentaires pour soutenir les secteurs sinistrés, tandis que les recettes fiscales sont en chute libre à cause de la baisse de la croissance des entreprises et de la consommation.
En raison de ces plans de soutien, de relance et la diminution de l’activité, Bercy table à présent sur un déficit public à 11,4 % du PIB en 2020, contre 3 % l’année dernière. La dette publique devrait s’envoler à 120,9 % du PIB, alors qu’elle avait atteint 98,1 % l’an dernier. La France figure ainsi parmi les pays européens les plus endettés. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’Économie, a déclaré à Laurent Furst : « Il faut raisonner en retour sur investissements. Lorsqu’on investit dans l’innovation, lorsqu’on investit dans la technologie, lorsqu’on investit dans les compétences des hommes, alors nous créons la croissance future ». Laurent Furst répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : À l’exception de certains parlementaires, on entend peu les hommes politiques exprimer leur inquiétude sur la situation de nos finances publiques. Comment analysez-vous cette absence d’intérêt ?
Laurent Furst : La France est dans une situation culturelle de déni sur cette question. Cela fait déjà longtemps que le budget de l’État est déficitaire et que nous vivons grâce à de l’argent que l’on nous prête. En plus, ce déni s’est amplifié avec deux éléments. D’abord, l’euro nous a protégés et autrefois nous avions des dévaluations pour nous rappeler à l’ordre, la faiblesse des taux d’intérêt nous amenait à renforcer notre dépendance à l’emprunt, puisque nous avons connu cette période bénie où, plus on empruntait, moins les intérêts coûtaient cher. Sous François Hollande, la dette augmentait, alors que le poste intérêts diminuait en même temps en raison de la baisse des taux. Donc, on s’est habitué à un confort extraordinaire qui nous a exonérés du moindre effort pour équilibrer nos comptes publics, contrairement aux pays d’Europe du Nord.
Maintenant, les pays du Nord ne veulent plus payer pour les pays du Sud…
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